Les contes du Schtetl sur Seine

jean claude lonka

Le 24 avril 2015

Bonjour toutes et tous y compris ceux qui n’allaient pas voir le défilé de la garde républicaine qui dans les années 50/60 paradait en sortant de la caserne Verrine Place de la République.

Ceux qui l’on connu diront à ceux qui ne l’ont pas connu que c’était un spectacle étonnant pour un enfant et mon père me disait qu’il devait faire très chaud dans la caserne car dans la maison familiale dormait la jument de son père dans l’atelier/écurie/réserve de matériaux et de matériel. La chaleur de l’animal montait, montait…

Il y avait ceux qui comprenaient le yiddish et qui ne le parlaient pas, ceux qui le parlaient mais sans avoir de vocabulaire et les costauds qui parlaient comme des ministres et qui écrivaient parfaitement.

Rachel le parlait mais n’avait pas un grand vocabulaire aussi elle était née en France et donc dans son yiddish énormément de phrases et de mots en français. Après guerre elle avait rencontré Gaston qui était maroquinier. Une vieille tante et un vieil oncle avaient survécu. Au téléphone, car ils étaient sur Metz elle leur dit qu’elle va se marier. On lui pose des questions sur son futur époux, comment il est, ce qu’il fait et elle a répondu en yiddish que son futur époux était maroquinier.
Mais pour maroquinier elle leur dit « a maroquiner ». Sa tante et son oncle furent complètement « bakackt » à cette nouvelle, leur nièce allait épouser un… marocain.
Lorsqu’elle était pendant la guerre dans un village, à l’épicerie elle entendait les gens parler des juifs. Rachel avait 14 ans. Elle entend des « yartnès grebser » sur les juifs. Une des femmes dit à l’autre : il parait que les hommes ont un sexe différent chez les juifs, il est pointu ou arrondi au bout, en tout cas il est différent.

 Alors Rachel avec l’aplomb qui la caractérisait et qu’elle a toujours gardé s’est approchée et tout sourire elle a dit aux bonnes femmes :

« Non seulement les juifs ont le sexe pointu mais les femmes au lieu d’avoir le vagin à la verticale, chez elles il est à l’horizontal ! »

Et elle a joint le geste à la parole.

Ainsi chez Frenkel j’ai entendu des anecdotes et des anecdotes aussi bien par les personnes avec qui je bossais que par les clients.

Je vous remercie toutes et tous pour vos commentaires et encouragements et vos relances avec vos parts de vie et par devis aucun souci, il n’y a rien à payer sauf une bonne tranche de rire, de joie et d’émotion. Parmi les vieux amis je n’ai pas un arménien mais 2 rien que pour moi.

Serge rencontré quand je travaillais à la Sweaterie de Jacques Grinberger et Alain Manoukian et Gilbert rencontré sur une plage de Palma.

Ils font plus yids que moi quand je les regarde et leur humour n’a pas son pareil. Ils m’ont raconté leur passé et dans ce passé, il y a les mêmes histoires et anecdotes que nous nous échangeons ici même. Leurs grands-parents, leurs parents eux aussi étaient dans les mêmes métiers que les yidlaks.

Eux aussi quand le violon s’exprime ils ont le cœur qui bat la chamade. Je suis avec eux en ces jours de commémoration.

A Lyon si vous y passez et ou j’ai été faire un pèlerinage, venez voir le mémorial dédié au génocide arménien place Antonin Poncet inauguré en 2006