Simone Veil

simone veil

Son père, l’architecte André Jacob, épouse Yvonne Steinmetz, fille de fourreurs parisiens. Il exige que sa femme, bachelière et étudiante en chimie, abandonne ses études après leur mariage. Après la naissance des deux premiers enfants du couple Madeleine et Denise, la famille juive mais non pratiquante quitte Paris pour s’installer à Nice.

Jean nait en 1925 et Simone, la benjamine en 1927.
Simone Jacob, alors âgée de 16 ans et qui se fait appeler Simone Jacquier, est arrêtée le 30 mars 1944, à Nice, où elle réside chez son professeur de lettres classiques. Elle est emmenée à l’hôtel Excelsior, quartier général allemand, qui sert à cette époque de lieu de regroupement local des juifs arrêtés avant leur déportation vers l’Allemagne. Dans les heures qui suivent, le reste de sa famille est arrêté par la Gestapo. Sa sœur Denise Vernay, entrée à 19 ans dans un réseau de Résistance à Lyon, est arrêtée en 1944, et déportée à Ravensbrück d’où elle est revenue.Simone transite par le camp de Drancy.
Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie. Simone Veil ne les a jamais revus. Deux semaines après leur arrestation, Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont envoyées de Drancy à destination d’Auschwitz-Birkenau. Un prisonnier parlant français lui conseille de se dire âgée de plus de 18 ans pour passer la sélection et éviter l’extermination. Elle reçoit le matricule 78651.
En juillet 1944, avec sa mère et sa sœur, elle est transférée à Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau. Peu avant la libération du camp d’Auschwitz le 27 janvier 1945, les Allemands emmènent leurs prisonniers dans la marche de la mort jusqu’au camp de Bergen-Belsen où elle travaille à la cuisine. Sa mère meurt du typhus le 13 mars 1945. Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l’arrivée des Alliés.

Bergen-Belsen est libéré par les troupes britanniques le 15 avril 1945. Simone, Madeleine et son autre sœur Denise (engagée dans la Résistance) sont les seules survivantes de la famille, puisque leur père, leur mère et leur frère ne sont pas revenus des camps.

Après son retour en France, elle ne parviendra à parler de son expérience qu’avec sa sœur Madeleine, avec qui elle a partagé la déportation. Durant plusieurs décennies, ce drame restera secret, uniquement connu
de ses proches.

1000x550_video-empreintes-simone-veil_pfAprès les violentes attaques personnelles qu’elle a subi lors de l’adoption de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, elle exprime le besoin de partager son expérience dramatique de la déportation et des camps de la mort. Elle sera longuement interrogée sur ce sujet lors d’une émission de la télévision française durant la seconde moitié des années 70, alors qu’elle est ministre.

  

« Aujourd’hui, survivant des survivants, je ressens une obligation de transmettre les quelques vérités que j’ai apprises lors de mon passage dans les bas-fonds de la condition humaine, puis sur quelques-uns de ses sommets. Personne ne peut vivre ce que j’ai vécu sans ressentir le besoin d’alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leur univers, comme ils ont jadis détruit le mien »

Simone Veil à propos de la déportation de sa famille par INA Institut National de l’Audiovisuel :

 http://video-streaming.orange.fr/actu-politique/simone-veil-a-propos-de-la-deportation-de-sa-famille-VID0000001G3B8.html