Pour ceux qui n’ont pas connu les bals de société il faut rappeler l’importance que cet événement avait dans le calendrier annuel.

Ces bals étaient organisés par les sociétés d’entraide (landmanshaft) dans lesquelles les juifs d’Europe de l’est se réunissaient par ville d’origine. Pour beaucoup de nos parents (ou grands-parents) c’était « LA » sortie de l’année.

A cette occasion on se mettait sur son trente-et-un.

Pour les hommes,  le costume, la cravate et les boutons de manchettes étaient de rigueur. Les femmes, elles, sortaient de la naphtaline leurs plus belles robes et leurs plus beaux bijoux. Le lieu paraissait prestigieux (l’hôtel intercontinental, l’hôtel moderne, le pavillon dauphine …).

Un orchestre avec de vrais musiciens animait l’événement et les couples étaient nombreux sur la piste pour la valse ou le tango. Les veuves, faute de partenaires, dansaient souvent entre elles. Le moment de nostalgie et d’émotion venait quand le chef d’orchestre prenait le micro et chantait quelques chansons Yiddish. Le bal de société était aussi l’occasion pour les mères de caser leur fille célibataire avec un ashkénaze de bonne situation.

A la fin de la soirée on rentrait chez soi (souvent en métro) les pieds endoloris par des chaussures que l’on avait pas l’habitude de porter.

On ne se privait pas alors de commenter la tenue trop osée de celle-ci ou le diamant trop voyant de de celle-là.

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