« UNTER BOYMER »

« UNTER BOYMER »

En 1940 sort aux USA, le film « Der Vilner balebesl », en anglais « Overture to Glory » de Max Nosseck, dont le héros est interprété par le hazan Moyshe Oysher (1906-1958). La musique est de Alexander Olshanetsky (1892-1948).
Le film est adapté d’un roman historique de Saul Saphire dont l’action se déroule au XIXème siècle.
Le hazan de la synagogue de Vilno, doué d’une voix merveilleuse, abandonne ses fonctions religieuses pour une carrière à l’opéra de Varsovie. Il est écartelé entre l’attrait de sa gloire nouvelle et ses sentiments de culpabilité envers sa famille et sa communauté.
Comme une métaphore du parcours de rédemption, le film s’ouvre sur l’office matinal de Rosh hashana, et s’achève sur le Kol Nidre de Kippour.
Loué par la critique, le film présente sans doute les scènes de synagogue, les plus convaincantes du cinéma.
Moyshe Oysher avait lui-même été hazan avant de s’engager dans une carrière à la scène après avoir immigré en Amérique.
C’est dans ce film que fut créée la berceuse « Unter boymer », devenue depuis un incontournable du répertoire de la chanson yiddish.
En voici les paroles en yiddish et en français.

Unter boymer, vaksn grozn,
Ay-lu-lu-lu
Un di beyze vintn blozn
Shlof zhe zunenyu.

Zits, mayn kind, nit bay dem fenster,
Vayl du kenst dem vint derfiln;
Un ikh vil nisht, du, mayn shenster,
Zolst kholile zikh farkiln.

Himl iz shoyn khmarne shvarts,
Punky azoy vi do bay mir in harts.

Unter boymer, vaksn grozn,
Ay-lu-lu-lu
Un di beyze vintn blozn
Shlof zhe zunenyu.

Ay-lu-lu-lu, ay-lu-lu-lu,
Shlof zhe, mayn kind, oy harts mayns,
Ay-lu-lu-lu, ay-lu-lu-lu,
Blayb mir gezunt.

Sous les arbres, poussent des herbes,
Ay-lu-lu-lu
Et soufflent les vents mauvais,
Dors donc mon petit garçon.

 

Ne reste pas, mon enfant, près de la fenêtre,
Car tu peux sentir le vent;
Et je ne veux pas, mon plus beau,
Que tu prennes froid, surtout.

Le ciel est déjà noir de nuages,
Juste comme dans mon coeur.

Sous les arbres, poussent des herbes,
Ay-lu-lu-lu
Et soufflent les vents mauvais,
Dors donc mon petit garçon.

Ay-lu-lu-lu, ay-lu-lu-lu,
Dors donc, mon enfant, ô mon coeur,
Ay-lu-lu-lu, ay-lu-lu-lu,
Porte-toi bien.

 

Outre la version princeps, on pourra apprécier quelques autres, parmi les innombrables interprétations:

 

J’aime beaucoup la version moderne du groupe féminin new-yorkais « Isle of Klezbos »

Non pour sa valeur artistique mais pour l’émotion, l’interprétation par un groupe d’étudiantes en pèlerinage à Auschwitz-Birkenau.

Une séquence d’opéra extraite du film « Der Vilner Balebesl’