CJN_17-Paradis-soviétiqueLe 18 mai 1942, deux groupes communistes anti-nazis mirent le feu à l’exposition anti-soviétique « Das Sowjetparadies » (Le paradis soviétique), qui se tenait au Lustgarten à Berlin. Le groupe le plus important, presque entièrement composé de Juifs, dirigé par Herbert Baum, était connu sous le nom de Baum Gruppe. Les dégats étaient minimes et l’exposition fut rouverte dès le lendemain. Neuf jours plus tard, le 27 mai 1942, la Gestapo arrêta un nombre indéterminé de Juifs et les incarcéra dans le camp d’internement de la Synagogue de la Lewetzowstrasse. Le 28 mai, cent cinquante-quatre d’entre eux furent emmenés au camp de SS à Lichterfelde et fusillés immédiatement à leur arrivée. Quatre-vingt-seize autres Juifs furent sélectionnés lors de l’appel du soir, ce même jour, et également fusillés. Les membres des familles des Juifs qui avaient été abattus à Lichterfelde furent envoyés à Theresienstadt. Deux cent cinquante autres Juifs de Berlin furent déportés vers Sachsenhausen. Certains y furent exécutés et d’autres envoyés à Auschwitz.

La plupart des membres des deux groupes de résistance furent rapidement capturés par la Gestapo, jugés et condamnés à Berlin. Sauf trois des femmes les plus jeunes, tous furent condamnés à mort. Les condamnés furent décapités dans la prison de Berlin-Plötzensee. Au total, vingt-deux membres du groupe furent exécutés. Herbert Baum mourut dans sa cellule. Selon la Gestapo, il se suicida, mais les membres du groupe et les chercheurs pensent qu’il a été assassiné. Les trois femmes qui n’avaient pas été condamnées à mort furent envoyées à Auschwitz, où elles périrent. Deux autres femmes furent condamnées à mort mais bénéficièrent d’un sursis, chacune dans des circonstances différentes. La Gestapo arrêta aussi des soutiens et des aides du groupe qui n’étaient pas eux-mêmes membres. La plupart d’entre eux furent condamnés mort et exécutés. Du cercle immédiat des jeunes hommes du groupe, le seul survivant fut Richard Holzer, qui réussit à fuir en Hongrie, où il fut embauché dans les entreprises de travail forcé juif sur le front de l’est. Il fut capturé par les Soviétiques mais réussit à prouver son identité et retourna en Allemagne après la guerre.

Une caractéristique marquante du groupe Baum était la jeunesse de ses membres, particulièrement les femmes. En 1941, leur âge moyen était de vingt-deux ans. Alice Hirsch la plus jeune avait dix-huit ans, suivie de Hildegard Löwy, dix-neuf ans cette même année. Charlotte Päch, âgée de vingt-deux ans, était surnommée «la grand-mère». Seules cinq d’entre elles avaient plus de vingt et un ans en 1933, année où Hitler arriva au pouvoir, alors que la majorité était âgée de dix à treize ans. La plupart des jeunes femmes du groupe étaient des amies ou des amantes d’un homme du groupe, et d’autres étaient déjà mariées. Deux avaient des enfants. Beaucoup d’entre elles venaient de mouvements juifs ou d’autres groupes de jeunes qui avaient été dissous après le pogrom des 9 et 10 novembre 1938 («Kristallnacht») ou s’étaient rapidement évaporés par suite de l’émigration. Le groupe comprenait un nombre presque égal d’hommes et de femmes. Le petit cercle intérieur entourant Herbert Baum comptait quatorze membres, dont sept femmes. Parmi les douze membres qui participèrent à l’incendie de l’exposition, cinq étaient des femmes.

Le principal vivier de ressources humaines dans lequel le groupe Baum avait recruté étaient les organisations juives de jeunesse. Après l’arrivée au pouvoir de Hitler, les dirigeants de l’organisation de jeunesse communiste dordonnèrent à Baum de contacter les mouvements et les organisations juives et de les recruter pour la résistance. En conséquence, Baum rejoignit le Ring-Bund Deutsch-Jüdischer Jugend au début de 1934.

À partir du milieu de 1934, Baum assuma la direction de l’organisation de jeunesse communiste dans le sous-district sud-ouest de Berlin. Avant même l’arrivée au pouvoir de Hitler, Baum avait réussi à travailler dans plusieurs mouvements de jeunesse juive. Le noyau d’un groupe de résistance sous sa direction provint de ce cadre. C’est là qu’il rencontra Marianne Cohen, sa future femme, ainsi que Sala et Martin Kochmann. Dans le jargon de gauche de l’époque, leur activité était appelée «la tactique du cheval de Troie», dont le but était de recruter des membres en s’infiltrant dans d’autres organisations, dont certaines étaient proches de leur vision du monde alors que d’autres s’y étaient opposées. Plus tard, après le «Congrès de Bruxelles» du Parti communiste allemand qui se tint à Moscou en octobre 1935, l’activité dans les organisations juives de la jeunesse eut un autre objectif: fournir une couverture légale aux militants communistes, puisque les mouvements de jeunesse juifs et notamment sionistes restèrent légaux jusqu’au pogrom de la Nuit de Cristal. Lors de ce même congrès, les communistes décidèrent d’expulser les membres juifs des cellules clandestines communistes. A la fois pour protéger les membres juifs et les cellules elles-mêmes. Ainsi, les conditions furent créées pour que les organisations juives de jeunesse servent de réservoir de recrutement pour le groupe communiste juif qui prenait forme.

La première organisation du groupe semble avoir commencé vers la fin de 1938 ou le début de 1939. C’est le moment où les mouvements de jeunes juifs furent interdits, bien qu’ils parvinrent cependant à faire sortir la plupart de leurs membres d’Allemagne. Dans ces conditions, l’organisation devint une sorte de «cité-refuge» pour les membres de mouvements et d’organisations de jeunesse juives qui, pour une raison ou une autre, n’avaient pas quitté l’Allemagne.

Il n’y avait que quelques membres dans le cercle immédiat de Herbert et Marianne Baum: Sala et Martin Kochmann, Heinz Birnbaum, Felix Heymann, Alfred Eisenstadter et Gerd et Hanni Meyer. Deux femmes non juives se joingnirent à elles: Irena Walther, qui était amie avec l’un des membres, et Suzanne Wesse, une Française mariée à un résident de Berlin et restée à Berlin après son divorce.

À ce stade, l’activité du groupe était principalement sociale et idéologique. Ils faisait des sorties, écoutaient de la musique, faisaient des lectures de poésie et participaient à d’autres activités similaires. Au plan idéologique, ils se concentraient sur l’étude du marxisme, la lecture de la littérature appropriée et la tenue de discussions. C’est seulement à la mi 1941, après que l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne, que leur activité se transforma en résistance active au régime. Cela consistait à composer, imprimer et distribuer des affiches et des matériels de propagande anti-fascistes et, pour finir, la tentative de faire sauter l’exposition anti-soviétique.

Malgré l’appartenance de plusieurs «réfugiés» aux mouvements de jeunesse sionistes tels que Ha-Bonim et Ha-Shomer Hatsaïr, la subordination du groupe au parti communiste allemand était claire et absolue, bien qu’il y ait eu des divergence d’opinions dans le groupe (notamment une sur la nécessité et la justification de l’attaque contre l’exposition). Mais la main-mise de Herbert Baum sur le groupe était indiscutable. Sa femme, Marianne Baum, exerçait une influence sociale importante dans le groupe, mais elle était aux côtés, et peut-être même dans l’ombre de son mari.

Il convient, dans le cadre de cette série consacrée aux combattantes juives, de rendre hommage à chacune de ces jeunes idéalistes héroïques.

e0ae1e43cc459d081ec8762c11a8e9df.pngMARIANNE BAUM (née COHEN) : Née le 9 février 1912, à Strasbourg, elle quitta son domicile en Alsace vers 1920, se rendant finalement à Berlin. À la fin des années 1920, elle était membre de la Deutsch-Jüdischen Jugendgemeinschaft, où, en 1928, elle rencontra Herbert Baum, qu’elle épousa plus tard. En 1931, elle rejoint l’organisation de jeunesse communiste, KJVD. En 1940, elle travaille au travail forcé dans le département juif de l’usine de moteurs électriques Siemens. Parallèlement à Herbert Baum, elle était une figure centrale de l’organisation. Avec ses amis, elle participa à l’incendie de l’exposition anti-soviétique et fut arrêtée le 22 mai 1942. Le 16 juillet 1942, elle fut jugée par un tribunal spécial à Berlin et condamnée à mort. Elle fut décapitée dans la prison de Berlin-Plötzensee le 18 août 1942.

CJN_17-Edith FraenkelEDITH FRAENKEL : Née à Berlin le 8 février 1922, Fraenkel fit ses dix premières classes à l’École Anthroposophique Rudolf Steiner puis commença des études de commerce. À partir de 1938, elle aida sa mère, Olga Frankel, à gérer sa maisonnée, qui servit également de restaurant juif. En 1937, elle rencontra Harry Cohan, qu’elle épousa. Leur fils, Uri, né le 2 juin 1941, mourut à l’hôpital six mois plus tard. À la fin de 1940, elle participa, avec Harry Cohan, aux discussions et aux réunions d’étude du groupe de Herbert Baum. Elle fut arrêtée le 18 juillet 1942. Le 10 décembre de cette année, elle fut condamnée à cinq ans de prison. En octobre 1943, la Gestapo de Berlin la transféra dans la prison pour femmes de Cottbus et, le 17 octobre 1943, elle fut déportée vers Theresienstadt. De là, elle fut finalement envoyée à Auschwitz et assassinée.

e0ae1e43cc459d081ec8762c11a8e9df.pngALICE HIRSCH : La plus jeune du groupe, Alice Hirsch est née à Berlin le 22 septembre 1923. En 1933, elle quitta l’école allemande Margarethen-Lyceum pour l’école primaire juive d’Auguststrasse. Elle travailla comme agent de nettoyage dans les maisons juives pendant environ une demi-année, puis resta au chômage. Elle travailla ensuite dans l’industrie pendant huit semaines. Pendant environ un an et demi à partir de 1939, elle travailla dans la ferme de formation syndicale nationale à Algut, en Haute-Silésie. Enfin, elle travailla pour la firme Max Schade, où elle fut arrêtée le 8 juillet 1942. Le 10 décembre 1942, elle fut condamnée à trois ans de prison et transférée à la Gestapo de Berlin depuis la prison de Cottbus en octobre 1943. Le 14 octobre 1943, elle fut envoyée à Auschwitz, où elle fut assassinée.

CJN_17-Hella HirschHELLA HIRSCH : La sœur aînée d’Alice est née le 6 mars 1921 et étudia d’abord à l’école Margarethen-Lyceum puis à la première année d’une école secondaire juive. Entre avril 1937 et mars 1939, elle étudia le commerce chez Zeidler et Remark. De juin 1939 à juin 1941, elle fut assistante du Dr Fritz Hirschfeld. Enfin, elle fut emmenée au travail forcé chez I. G. Farben. Dès le début de mai 1942, elle vivait illégalement à Fredersdorf près de Berlin dans la maison de Frau Westphal. Elle fut arrêtée le 8 juillet 1942 et condamnée à mort le 10 décembre 1942. Elle fut décapitée dans la prison de Berlin-Plötzensee le 4 mars 1943.

e0ae1e43cc459d081ec8762c11a8e9df.pngCHARLOTTE HOLZER (née ABRAHAM) : Née le 7 décembre 1909 à Berlin, Holzer fréquenta l’école élémentaire de Berlin et se forma comme puéricultrice dans la maison pour bébés juifs de Niederschönhausen. Elle reçut une formation supplémentaire à l’hôpital juif d’Iranische Strasse, où elle travailla jusqu’à peu avant son arrestation. Elle rencontra Herbert Baum et Marianne Cohen dans le mouvement de jeunesse juive DJJG, mais ne fut en contact avec eux qu’en 1939/40. Au début des années 1930, elle avait rejoint une nouvelle cellule communiste qui avait été fondée dans l’hôpital juif. Elle rencontra Gustav Päch, qui donnait des conférences dans les cercles d’étude des organisations révolutionnaires. Ils se marièrent en 1932 ou en 1933 et, la même année, eurent une fille, Eva. En août 1933, Gustav Päch fut arrêté, condamné pour conspiration et condamné à seize mois d’emprisonnement. Après sa sortie, le couple se sépara et Charlotte vécut seule avec sa fille. En 1940, elle rencontra Herbert Baum, qui était patient à l’hôpital juif, et rejoignit son groupe. Là, elle rencontra Richard Holzer. Elle fut arrêtée le 8 octobre 1942 avec Martin Kochmann, Felix Heiman et Herbert Bodzislavski et reconnue coupable de conspiration. Son procès eut lieu le 29 juin 1943, alors qu’elle était malade de la scarlatine à l’infirmerie de la prison pour femmes de Leipzig-Kleinmaüsdorf, où elle purgeait une peine pour crimes de guerre économiques (obtention de bons de rationnement illégaux). Son cas fut séparé des autres et jamais jugé. Elle fut emmenée dans plusieurs prisons et camps de travail à Berlin et finalement survécut au camp de Schulstrasse. En juin 1944, elle réussit à s’échapper de l’hôpital sur l’Iranische Strasse. Après la guerre, Richard Holzer revint en Allemagne et épousa Charlotte Päch qui, avec son mari, fut l’une des rares membres du Baum Gruppe à survivre et à témoigner de leur activité. Elle est décédée le 29 septembre 1980.

CJN_17-Marianne Prager-JoachimMARIANNE JOACHIM (née PRAGER)
Née à Berlin le 5 novembre 1921, Marianne Joachim fréquenta l’école élémentaire jusqu’à l’âge de seize ans et continua dans un collège juif jusqu’à ses examens finaux. Elle travailla comme infirmière dans une maison d’enfants juifs. En 1940, elle fut envoyée à Rathenau avec un groupe de travail pendant un an et demi et, en 1941, au travail forcé à l’usine Alfred Teves à Wittenau. Le 22 août 1941, elle épousa Heinz Joachim. Les deux étaient membres du Baum Gruppe. On la décrivait comme animée et douée d’un sens de l’humour, de jovialité et d’esprit. Marianne Joachim fut arrêtée le 9 juin 1942 dans la Rickstrasse et condamnée à mort le 10 décembre 1942. Elle fut décapitée le 4 mars 1943 dans la prison de Berlin-Plötzensee.

CJN_17-SALA KOCHMANNjpgSALA KOCHMANN :Née le 7 juin 1912 à Rzeszow, en Pologne, Sala Kochmann étudia pour devenir institutrice de maternelle et travailla à l’école maternelle de la Jerusalemer Strasse. En 1938, elle épousa Martin Kochmann. Elle fut l’une des premières membres du groupe et active en son sein, participant à la tentative d’incendie de l’exposition. Arrêtée le 23 mai 1942, elle tenta d’échapper à la torture en sautant par la fenêtre du poste de police et fut gravement blessée. Alors qu’elle était à l’hôpital juif d’Iranische Strasse, elle transmis des informations et des avertissements aux membres du groupe qui n’avaient pas encore été arrêtés par l’intermédiaire de Charlotte Päch, une membre du groupe qui était infirmière à l’hôpital. Amenée à son procès sur une civière, elle fut condamnée à mort le 16 juillet 1942 et décapitée le 18 août 1942 dans la prison de Berlin-Plötzensee.

CJN_17-HILDEGARD LÖWYHILDEGARD LÖWY : Née en 1922, Hildegard Löwy était le plus jeune membre du Baum Gruppe. Elle appartenait au sous-groupe de Heinz Joachim, qui fonctionnait conjointement avec le groupe de Herbert Baum.
Au printemps de 1940, Hilde Löwy termina ses examens finaux dans la dernière école secondaire juive de Berlin, dans la Wilsnacker Strasse. Seule femme dans la classe de onze diplômés, elle était une étudiante remarquable. Elle était membre du mouvement de jeunesse sioniste-socialiste Ha-Shomer Hatsaïr depuis le milieu des années 1930 et avait l’intention de déménager en Palestine. Cependant, tous ses efforts pour émigrer échouèrent parce qu’elle n’avait qu’un seul bras. Malgré l’intervention de Recha Freier, la «mère» de l’Aliyah des jeunes, Hilde ne put passer l’examen médical requis pour entrer en Palestine. Une autre raison pour laquelle elle ne pout pas aller en Palestine fut que son père, qui avait combattu pendant la Première Guerre mondiale et était un patriote allemand, refusa d’agir pour l’émigration de sa famille jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

La diminution des ressources financières de la famille de Hildegard ne lui permettait pas d’émigrer n’importe où. Ainsi, ses espoirs d’étudier la médecine à l’Université hébraïque de Jérusalem furent également réduits à néant. Un rapport sur elle du temps de son appartenance au HaShomer la décrivait comme mûre pour son âge, talentueuse et très intelligente.

Lorsque Hilde fut arrêtée à 10 heures du matin le 15 avril 1942, en compagnie de sa mère, la Gestapo lui montra une photo de son ami et amoureux, Georg Israel (1921-1944), à côté d’une photo d’elle-même. Ils s’étaient rencontrés au début de 1939 quand leur école fut fermée après le pogrom de novembre 1938, qui les conduisit à muter dans le dernier lycée hébreu qui fonctionnait encore à Berlin. Ils vécurent ensemble jusqu’à l’arrestation de Hilde, qui, de même que son acte d’accusation, fut une surprise complète pour Georg. Elle ne lui avait rien dit au sujet du groupe ou de son activité politique, ce qui indique le sérieux avec laquelle elle considérait ses activités. Malgré leur amour, les règles de la conspiration étaient plus fortes.

Georg Israël, qui était un « mischling » de premier degré selon les lois raciales, n’a pas survécu. Alors qu’il travaillait dans les transports publics et chargeaient des sacs de bonbons, il fut pris avec quelques bonbons qu’il avait retirés d’un des sacs. En 1943, il fut condamné à un an de prison. Après avoir purgé sa peine, il fut incarcéré dans un camp près de Berlin, où il périt dans une épidémie.

Même si Hildegard appartenait à un groupe ayant une orientation communiste claire, elle ne renonça pas à ses convictions sionistes ou à sa position pacifiste. Cependant, elle croyait que la victoire du communisme offrirait aux Juifs une meilleure occasion d’obtenir l’égalité des droits. Au cours de son interrogatoire préliminaire, elle parla ouvertement de ses convictions, de son appartenance au HaShomer et de son aspiration à mettre en œuvre les idéaux du mouvement. Elle déclara également: «Mon but est de relancer ce mouvement de jeunesse interdit. Je suis convaincu que le bolchevisme est l’élément le plus important dans la lutte contre l’hitlérisme « .

Malgré son handicap physique, elle essaya de s’échapper de prison une semaine avant son procès. En tressant ses draps en une corde, elle réussit à sortir par la fenêtre de sa cellule, mais fut prise avant d’arriver au sol.

Les procès de Rotholz et des autres membres de son groupe, ainsi que le sien, eurent lieu devant la Deuxième Cour populaire le 10 décembre 1942. Au cours de cette journée, neuf condamnations à mort pour trahison communiste organisée furent prononcées contre Heinz Rotholz (1922-1943), Heinz Birnbaum (1920-1943), Hella Hirsch (1921-1943), Hanni Meyer (1921-1943), Marianne Joachim (1922-1943), Lothar Salinger (1920-1943), Helmut Neumann (1922) -1943), Hildegard Löwy et Siegbert Rotholz (1922-1943). Ils furent décapités à Berlin-Plötzensee le 4 mars 1943.

CJN_17-Hanni MeyerHANNI MEYER (née LINDENBERGER) : Née le 14 février 1921 à Berlin, elle étudia au collège et dans une école privée de commerce. D’avril à octobre 1940, elle étudia pour devenir infirmière au séminaire de la communauté juive, mais ses études furent interrompues. En octobre 1940, elle travailla dans une usine d’ampoules électriques. Le 27 février 1942, elle épousa Gerd Meyer. Elle était une ancienne membre du Ring-Bund Deutsch-Jüdischer Jugend. Arrêtée le 3 juin 1942, elle fut condamnée à mort le 10 décembre 1942 et décapitée le 4 mars 1943 dans la prison de Berlin-Plötzensee.

CJN_17-Lotte RotholzLOTTE ROTHOLZ (née JASTROW) : Lotte Jastrow naquit le 25 septembre 1923 à Bentheim. Son père était un maggid (prédicateur) et professeur d’enseignement religieux employé par la communauté juive. En 1933, la famille déménagea à Berlin. Après l’école élémentaire, elle étudia pour devenir couturière et travailla ensuite à l’usine Spindler. Le 10 décembre 1941, elle épousa Siegbert Rotholz et ils vécurent ensemble jusqu’à leur arrestation. Elle était membre du Ring-Bund-Deutsch-Jüdischer Jugend. Le 10 décembre 1942, elle fut condamnée à dix ans de prison. Le 14 octobre 1943, elle fut envoyée à Auschwitz, où elle fut assassinée.

e0ae1e43cc459d081ec8762c11a8e9df.pngSUZANNE WESSE (née VASSEUR) : Suzanne Vasseur naquit le 16 janvier 1914 à Calais, en France. Fille d’un industriel prospère, elle fréquenta l’école en Angleterre, en Espagne et à Berlin. En 1934, elle travailla dans une entreprise juive de vêtements à Berlin, où elle rencontra l’ingénieur Richard Wesse. En 1936, elle épousa Wesse, qui, selon les lois de Nüremberg, était un « mischling » du premier degré. En avril 1937, naquit leur fille Katherina. Jusqu’en juin 1937, elle travailla comme traductrice indépendante à Berlin. En juin 1938, son frère, Amand Vasseur, vint à Berlin. Ils rencontrèrent Felix Heiman et Sala et Martin Kochmann et rejoignirent le groupe de Herbert Baum. Amand retourna à Paris en août 1939. Son frère, August Vasseur, était prisonnier de guerre et en 1942 avait été transféré au Stalag III A près de Weckenwalde, où Suzanne avait pu parler avec lui. Elle utilisa son travail légal au bureau pour fabriquer des pochoirs pour les affiches du groupe. Le 23 mai 1942, Suzanne et Richard Wesse furent arrêtés à leur domicile. Richard fut libéré après trois semaines de prison. Suzanne fut condamnée à mort le 16 juillet et décapitée dans la prison de Berlin-Plötzensee le 18 août 1942.

(Source: Jewish Women’s Archive)