Yiddish # 82 Lesson Lektsye לעקציע

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Corrigé des exercices de la leçon 81.

– װױנסטו אין אַ גרױסע װױנונג?
– יאָ, איך װױן אין אַ װױנונג װאָס האָט פֿינף צימערן: אַ װױנצימער, דרײַ שלאָפֿצימערן, אַ קיך און אַ װאַשצימער. די װױנונג איז זײער באַקװעם.

– Voynstu in a groyse voynung?
– Yo, ikh voyn in a voynung vos hot finf tsimern: a voyntsimer, dray shloftsimern, a kikh un a vashtsimer. Di voynung iz zeyer bakvem.

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Traduire

Dans la salle à manger, il y a un buffet et une grande table. Près de la table, il y a quatre chaises.
Dans le salon, il y a un canapé et trois fauteuils.
Sur le mur, est accroché un tableau.

Translate

In the dining room, there is a buffet and a large table. Near the table there are four chairs.
In the living room there is a sofa and three armchairs.
On the wall hangs a painting.

Yiddish # 81 Lesson Lektsye לעקציע

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Corrigé des exercices de la leçon 80.

איך פֿאַרשטײ נישט װו איז דאָס װײַסע העמד. װײסטו? פֿרעג דער מאַן.
נײן, איך װײס אױך ניט, ענטפֿערט די פֿרױ.

Ikh farshtey nisht vu iz dos vayse hemd. Veystu? fregt der man.
Neyn, ikh veys oykh nit entfert di froy.

Je ne comprends pas où est la chemise blanche. Le sais-tu? demande l’homme.
Non, je ne sais pas non plus, répond la femme.

I do not understand where the white shirt is. Do you know? asks the man.
No, I do not know either, answers the woman.

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Traduire

– Habites-tu un grand appartement?
– Oui, j’habite un appartement qui a cinq pièces: un salon, une salle à manger, trois chambres à coucher, une cuisine et une salle de bains. L’appartement est très confortable.

Translate

– Do you live in a large apartment?
– Yes, I live in an apartment which has five rooms: a living room, a dining room, three bedrooms, a kitchen and a bathroom. The apartment is very comfortable.

 

Yiddish # 80 Lesson Lektsye לעקציע

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Corrigé des exercices de la leçon 79.

Répondre aux questions/ answer the questions

1. Vos iz groy? װאָס איז גרױ
1. Di hor zaynen groy. די האָר זײַנען גרױ.

2. Vos iz broyn? װאָס איז ברױן
2. Kakao iz broyn. קאַקאַאָ איז בראָין.

3. Velkhe kolirn hostu lib? װעלכע קאָלירן האָסטו ליב
3. Ikh hob lib shvarts, royt, bloy, grin u.a.v… איך האָב ליב שװאַרץ, רױט, בלױ, גרין א.אַ.װ.

Traduire/translate

דער מאַן טראָגט אַ װײַס העמד, אַ ברױנע מענאַרקע, גרױע הױזן, אַ הוט און שװאַרצע שיך.
Der man trogt a vays hemd, a broyne menarke, groye hoyzn, a hut un shvartse shikh.

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Nouvel exercice/ new exercice

Ecouter,écrire, traduire/listen, write down, translate.

https://soundcloud.com/user-369999034/yiddish-lecon-80

couverture de l'édition princeps du "Bovo Bukh", imprimée à Isny en Allemagne en 1541.

Ephéméride | Eliya Ben Asher Ashkenazi [13 Février]

13 février 1469

Naissance d’Eliya Ben Asher Ashkenazi, auteur du premier livre profane imprimé en yiddish, « Di Bube Mayse ».

Vous croyez peut-être, comme beaucoup, que « Bube mayses », ce sont des histoires de grand-mère, c’est-à-dire, comme on dirait plutôt en français, des histoires de bonnes femmes, des histoires à dormir debout. Détrompez-vous!

Bobe (ou bube à la polonaise) signifie, en effet, grand-mère en yiddish; et mayse est une histoire ou un conte, une description d’événements qui ont pu se produire ou non.
Mais ce n’est que tardivement dans sa vie que l’expression en est venue à vouloir dire « histoire de grand-mères ».

Cela à commencé par être une « Bove-mayse », une histoire de Bove. Bove, c’est la transcription yiddish de l’italien « Buovo », et « Buovo », c’est la transcription italienne de l’anglais et anglo-normand, « Bevys ». Et Bevys de Hampton, c’est à côté de Lancelot du Lac, de Robin des Bois et d’autres, un des héros des romans de chevalerie dont les aventures enflammaient l’imagination de nos ancêtres du Moyen-Âge, comme aujourd’hui les héros de films d’action produits par Hollywood.
Il semble avoir fait sa première apparition en anglo-normand (le français parlé par l’aristocratie après la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066), puis adopté par les anglais, et par la suite traduit dans un certain nombre d’autres langues, dont l’italien.

Bien qu’il n’ait jamais atteint un statut de star comparable aux chevaliers de la Table ronde, Bevys était certainement très populaire, et si l’on en croit la version de ses exploits en anglais médiéval, c’était mérité.
Entrer dans Londres, qui comptait en tout environ 5 000 âmes à l’époque, et tuer 32 000 citoyens sans aucune autre aide que celle de ses jumeaux de fils et d’un belliqueux palefroi dénommé Arondel, la plaçait certainement au moins au niveau d’un Jean-Claude Van Damme du XIVe siècle, si ce n’est d’un Schwarzenegger ou d’un Stallone à part entière.

Les aventures de Bevys furent traduites de l’italien en yiddish en 1507-1858 et publiées en 1541, le premier livre non religieux à être imprimé dans cette langue.
Le traducteur s’appelait Elye Bokher, Elie le Jeune, connu dans le monde non juif sous le nom Elie Lévita, l’éminent philologue et grammairien hébreu, dont le traité « Mesorath Ha-Masoreth », sur les marques de cantillation imprimées dans les Bibles hébraïques, est toujours considéré comme un monument de l’érudition biblique.

Levita était un Juif allemand qui avait fini par se retrouver en Italie, où il passa finalement treize ans de sa vie comme professeur particulier d’hébreu chez un cardinal et une grande partie du reste de son temps à chercher du travail.

On aimerait pouvoir dire que ce roman de chevalerie en yiddish était peuplé de scènes de princesses allant au « mikveh » et de chevaliers enroulant des « tefilin » autour de leur bras en cotte de mailles, mais la déception est ce qui fait du yiddish, le yiddish.
L’histoire de Bove, c’est essentiellement Hamlet rencontrant Mike Hammer à cheval.
La mère de Bove organise l’assassinat de son père, le roi d’Antona, et épouse ensuite l’assassin. Craignant que Bove veuille plus tard venger son père, sa mère et son nouveau mari essayent de le tuer aussi. Bove s’échappe, est vendu comme esclave en Flandre, sauve la Flandre de l’invasion des – qui d’autres? – Babyloniens, saute sur un cheval magique (Arondel s’appelle Rundele en yiddish – vous arrivez à garder votre sérieux devant un cheval de guerre qui s’appelle Rundele?), et s’en va libérer le roi flamand de captivité – un jour comme un autre dans la vie d’un locuteur yiddish, seulement adouci par son amour pour la princesse Druziana, fille du roi des Flandres. Beaucoup d’autres aventures s’ensuivent avant que tout ne s’arrange à la fin. Bove tue le petit-ami de maman, enferme sa mère dans un couvent (où les religieuses, à moins qu’elles aient fait vœu de silence, devaient aussi parler yiddish), et vit heureux pour toujours avec Druziana et leurs jumeaux.

C’est assez peu crédible à première vue. Les chevaliers et les dames parlant yiddish ne posent pas vraiment de problème – pensez à tous les nazis qui se parlent en anglais dans les films et les séries télévisées – mais à l’exception d’une longue scène dans laquelle Bove, bien que menacé de mort, refuse de se convertir à l’islam, le comportement général est complètement non juif; même les parties les plus réalistes du poème sont en dehors du domaine de toute vraisemblance juive.
Le lecteur le plus crédule, quelqu’un qui aurait cru tout le reste du livre, n’aurait jamais pu être convaincu de l’existence d’un chevalier juif – aussi invraisemblable que l’existence d’un chevalier du Ku-Klux-Klan de nos jours. Même en admettant ces impossibilités – Bove n’est pas plus invraisemblable que la plupart des films d’action -, certaines parties du poème restent étranges y compris selon les normes du roman chevaleresque.
Le roman commence à peine qu’on tombe sur ce qui doit être considéré comme l’acte le plus incroyable de toute la littérature yiddish.

La mère de Bove, Brandonya, décide d’utiliser du poison pour le mettre à l’écart. C’est inhabituel, mais pas inédit dans la littérature. Mais seul un poète juif, un poète ayant le yiddish dans l’âme, s’éloignerait autant de sa source originelle que de la faire essayer de l’empoisonner de la manière la plus sournoise qu’on puisse imaginer.
Bove rentre à la maison une nuit, fatigué et affamé.
Maman lui a laissé un casse-croûte, et c’est seulement grâce à la bonne étoile de Bove – et à sa place centrale dans l’intrigue – que la servante l’avertit que le poulet, ingrédient du bouillon juif vital, a été empoisonné.

Le Bove Bukh eut un succès fou et restant en impression presque constamment pendant près de cinq cents ans. Vers la fin du XVIIIe siècle, des adaptations modernisées commencèrent à être publiées sous le titre Bove Mayse, et la dernière édition populaire, en prose plus ou moins moderne, fut publiée en 1909-10.

Bien que jamais complètement oublié, le Bove Bukh commença à perdre du terrain dans l’imagination populaire une fois que la vogue du roman de chevalerie fut passée. Bove lui-même était entré depuis longtemps dans la langue, et il y resta là longtemps après que la plupart de ses locuteurs eurent une idée de ce que la partie Bove d’une Bove mayse était censée signifier.

La phrase semble avoir été si bien ancrée qu’elle était ressentie comme indispensable, si bien que les masses parlant le yiddish soumirent le mot Bove à un processus connu sous le nom d’assimilation. L’assimilation a lieu dans presque toutes les langues, et n’a rien à voir avec le fait de sortir avec un(e) goy ou l’achat d’un arbre de Noël.
La seule chose qui arriva à Bove, c’est que son nom fut changé.

Et changer le nom est l’essence de ce genre d’assimilation. Un mot qui a par ailleurs disparu de la langue continue à apparaître dans des composés ou des phrases où il n’a plus de sens, donc il est assimilé à – remplacé par – un mot à consonance similaire, indépendamment du fait que le mot qui remplace a plus de sens ou non que le terme remplacé. C’est familier, c’est confortable, et les gens trouveront un moyen de l’adapter.

Une fois que Bove eut reculé dans l’imagination générale, il dut être remplacé. Ce qui est intéressant à propos de bobe, le mot choisi pour le remplacer, c’est son origine slave. Sur plus de 5 200 lignes, il n’y a pas plus d’un mot slave dans le Bove Bukh. Comme c’est seulement du vivant de Levita que le centre de la vie juive européenne commença à se déplacer vers l’Est, la substitution apparemment banale de Bobe pour Bove renferme l’histoire des Juifs yiddishophones et de leur langue. Passer de Bove à Bobe aurait pris un minimum d’un siècle, et un siècle est une estimation optimiste.
Le fait que bobe-mayse s’insère dans le même cadre général que le « conte des vieilles femmes » n’est, qu’un heureux accident. Les locuteurs yiddish n’ont eu aucun mal à réinterpréter « l’incroyable histoire des chevaliers et de leurs exploits » en « une histoire incroyable sur les bons et les mauvais jours comme pourrait vous la raconter votre grand-mère. »
Une connerie est une connerie et n’importe quel con peut la faire. Mais pour passer d’un héros à cheval à une vieille dame édentée, pour faire d’Errol Flynn une bube juive, il fallait faire le voyage de Venise à Vilna, et tout ce qu’un tel voyage implique.

(d’après Michael Wex in « Kvetch »)

Jacob Pavlovitch Adler

Ephéméride | Jacob Pavlovitch Adler [12 Février]

12 février 1855

Naissance à Odessa de Jacob Pavlovitch Adler, un des plus grands acteurs du théâtre yiddish.

On l’appelait avec déférence « nesher hagodl » (le grand aigle), un jeu de mots honorifique sur son nom de famille – Adler signifie « aigle » en yiddish.
L’acteur Jacob P. Adler (1855-1926) était le doyen de la scène yiddish depuis ses premières années dans le Bowery jusqu’après la première guerre mondiale. Il avait une présence magnétique sur scène, un physique saisissant, une voix sonore, un flair pour les effets scéniques et un tempérament flamboyant – autant d’atouts essentiels pour créer un charisme inégalé.
Originaire d’Odessa, Adler commença sa carrière en Russie au début de la période Goldfaden, déménagea à Londres, où il perfectionna son métier, et s’installa à New York en 1890 à l’âge de 35 ans.
Admirateur de la culture russe, il joua un rôle décisif dans l’introduction du drame littéraire sur la jeune scène yiddish. En 1891, il commanda une pièce à Jacob Gordin, un écrivain juif russe nouvellement arrivé, et le soutint à fond lorsque la pièce, « Sibérie », dans laquelle Adler jouait également, ne rencontra pas l’adhésion auprès public.
La confiance d’Adler paya; l’année suivante, Gordin écrivit le succès phénoménal le « Roi Lear juif », dans lequel Adler présentait le portrait émouvant d’un vieil homme pathétique mis à la rue par ses deux filles après qu’il eut partagé ses biens entre elles.
« Chacun de ses regards, chaque mouvement de sa lèvre tremblante et sa tentative de restaurer son ancienne autorité, sont illustrés par le grand talent de l’interprète », écrivit le critique de théâtre Louis Lipsky en 1903.

Au fil des ans, Adler créa une riche galerie de personnages: vieillards, amants, rebelles, idéalistes et fous, tous restés dans son répertoire.
Son Shylock, un rôle dans lequel Adler apparut pour la première fois en 1901 dans une production en yiddish du « Marchand de Venise », et qu’il répéta en 1903 et en 1905 en yiddish avec une distribution anglophone, fut particulièrement remarqué.
Par là, il se présentait au monde entier comme un acteur à égalité avec les autres grands interprètes shakespeariens de son époque, y compris l’illustre Henry Irving, qui avait transformé la représentation de Shylock.
Adler offrait une interprétation entièrement juive du personnage et introduisit audacieusement dans son jeu des traditions juives, telles que déchirer son vêtement en signe de deuil, après l’enlèvement et la conversion de Jessica.

En 1917, Louis Lipsky rédigea cette analyse du style de jeu d’Adler: « Il aime poser, adopter des attitudes frappantes. Ses gestes sont majestueux et impressionnants. Il peu jouer avec une grande dignité dans l’attitude et le ton « .
Bien que partisan du réalisme scénique de son époque, Adler aimait les rôles mélodramatiques. Méticuleux dans sa préparation et prêtant une grande attention aux détails, à la vraisemblance et au ton, il se lançait dans ses personnages avec une imagination ouverte qui permettait les ajustements sur l’inspiration du moment.
Lipsky en donnait une illustration avec la célèbre interprétation de Shylock par Adler: « Dans la scène du procès, quand le juge … statue contre lui, il rassemble les balances et le couteau, et le sac d’or, et avec un geste de mépris les jette aux pieds du juge en s’écriant « Que le diable fasse affaire avec vous », en s’apprêtant à partir: « Ce geste, dit Lipsky, dans lequel Adler mit une émotion nettement juive » fut le produit d’une inspiration du moment. et c’est seulement quand l’esprit l’émeut qu’il se souvient de le répéter. »

La star, écrit-il plus loin, avait un appétit de contrastes et utilisait des effets de lumière pour ponctuer des scènes avec des transitions abruptes et des explosions momentanées de passion. Avec Adler toujours au centre de la production, son penchant pour les effets de scène ne profitait pas toujours au reste de la distribution.

Adler créa des personnages profondément émouvants. Lipsky se souvient d’une scène mémorable dans « Le Mendiant d’Odessa », une adaptation du mélodrame de Felix Pyat, « Le chiffonnier de Paris », dans laquelle Adler jouait un vieil homme gardant le berceau d’un enfant trouvé: « Il dressait un portrait de la sénilité, la bouche béante et les yeux creusés, dont chaque mot était un murmure et chaque geste, un geste d’un vieil homme dont la machine était rouillée. »

Le mélodrame Broken Hearts de Zalmen Libin offrait une autre scène fascinante, quand le personnage d’Adler entrait chez sa fille mourante: « Il n’avait pas un mot à dire, mais se tenait à la porte et appuyait sa tête contre le chambranle de la porte ». La scène, rapporta le New York Times, pétrifia le public.

Adler subit une attaque cérébrale majeure six ans avant son décès le 31 mars 1926, à l’âge de 71 ans.
On a rapporté que, trois ans avant sa mort, il avait dit à son entrepreneur de pompes funèbres qu’il souhaitait avoir les plus belles funérailles qu’un acteur yiddish ait jamais eues.
Son vœu fut exaucé. Des dizaines de milliers d’admirateurs, l’ensemble du monde du théâtre yiddish, des représentants des institutions juives et de Broadway vinrent lui rendre hommage. Ce fut l’une des cérémonies les plus imposantes et les plus impressionnantes dans l’histoire du Lower East Side.

(Source: Edna Nahson in « New York’s Yiddish Theater from the Bowery to Broadway »)