30 janvier 1918

Naissance à New York de David Opatovski, dit David Opatoshu, comédien et acteur du petit et du grand écran.

David était le fils du grand écrivain yiddish Joseph Opatoshu.
A la télévision, il est apparu dans de nombreuses séries dont Mannix, Star Trek, Kojak…

Il fit ses débuts au cinéma dans « The Light Ahead » de Henri Felt et Edgar G. Ulmer, un film entièrement en yiddish adapté du célèbre roman de Mendele Moykher Sforim « Fishke der krumer », où il jouait Fishke.

Dans le film, on en découvre au moins autant sur le théâtre yiddish des années 1930 que sur la vie dans un shtetl russe, où l’histoire se déroule. (Certaines scènes ont été filmées dans le New Jersey.) Dans le village de Glupsk, près d’Odessa, une collection de personnages comiques et idiots est rassemblée, et ensemble ils présentent un portrait de la vie juive. Le matériau n’est pas toujours aussi charmant que cela en a l’air, mais n’est certainement pas banal. Dans combien d’autres films trouve-t-on des intrigues pour décider quel type de poulet fait la meilleure soupe?

Les jeunes amoureux autour desquels se développe le récit sont Fishke, qui est boiteux, et Hodel, la belle orpheline aveugle que Fishke aime. Ils sont trop pauvres pour se marier, bien que dans une des scènes, ils rêvent de ce que serait leur mariage: «Nous aurons deux marmites et nous ferons cuire des pommes de terre avec un morceau de hareng», déclare Hodel.  » The Light Ahead  » n’est pas entièrement consacré à la nourriture, mais il est plein de petits détails familiers comme ceux-ci, destinés à enrichir la description de la vie de village.

Le village lui-même, tel qu’imaginé par Edgar Ulmer, est un endroit sombre, où Hodel et Fiske peuvent s’asseoir et planifier leur avenir près d’un réverbère tordu et vaguement sinistre. Le style visuel du film suggère le mélodrame.

Mais le scénario de Chaver Pahver, basé sur le roman de Mendele Mocher Sforim, est anecdotique et ironique. Dans une scène, par exemple, Mendele le vendeur de livres est questionné par une cliente potentielle pour savoir s’il peut lui lire une prière pour les femmes sans enfants. Il la lit, ils sont tous deux très émus, et il fait à la femme un prix avantageux pour le livre. Mais elle ne veut pas l’acheter.  »Je voulais juste entendre comment ça sonne », lui dit-elle.  »Vous l’avez lu magnifiquement. »

 » The Light Ahead  », adopte parfois une tour éploré en considérant l’histoire juive et l’avenir.  » Combien de temps vont-ils nous torturer? Quand y aura-t-il une fin?  » Crie un personnage, tellement ému par ses propres prières qu’il sanglote et sanglote et sanglote.

D’autres fois, cependant, il y a l’espoir qu’au moins les deux jeunes amoureux trouveront, par magie, une vie plus heureuse (d’où le titre). Les amoureux sont interprétés par la belle et timide Helen Beverly et par David Opatoshu, en jeune homme maigre au sourire doux et mélancolique.

Parmi ses autres rôles au cinéma, David Opatoshu a aussi joué dans « Le rideau déchiré » d’Alfred Hitchcock avec Paul Newman et Julie Andrews, dans Exodus d’Otto Preminger où il joue le dirigeant de l’Irgun et dans Opération Entebbe où il interprète Menahem Begin.

Citons enfin le scénario qu’il a écrit pour « Le roman d’un voleur de chevaux », adapté du roman du même nom de son père, avec Yul Brynner, Eli Wallach et Jane Birkin.

David Opatoshu s’est éteint le 30 avril 1996 à Los Angeles.