Ephéméride |Chute de Mila [8 mai]

8 mai 1943

Chute de Mila 18, le dernier bastion de la résistance du ghetto de Varsovie.

Mila 18 était un monde au sein d’un monde. Un long couloir étroit menait à de nombreuses salles souterraines de chaque côté. Une bande de passeurs, dirigée par Schmuel Asher, avait excavé ce bunker gigantesque sous trois grands bâtiments adjacents. Asher conduisit Mordechai Anielewicz, le commandant du Z.O.B., au bunker (abri souterrain).

L’accès au bunker de Mila 18 se faisait par une maison à cette adresse. Il y avait beaucoup d’autres bunkers dans le ghetto de Varsovie et Mila 18 fut le dernier d’entre eux à être détruit par les Allemands. Les combats se poursuivirent même après la chute de Mila et d’autres maisons qui abritaient des Juifs, mais qui n’avaient pas accès à un bunker furent attaquées.

L’attaque contre le bunker de Mila 18 commença le 8 mai 1943, après trois semaines de combats entre soldats SS et Juifs. Les SS amenèrent des soldats SS auxiliaires ukrainiens et lettons parce qu’ils ne parlaient pas le polonais ou le yiddish et que les Juifs ne pouvaient donc pas les persuader de les laisser s’échapper.

Pendant deux heures, les soldats SS ukrainiens et lettons bombardèrent l’entrée de la maison à Mila 18, puis envoyèrent des gaz lacrymogènes dans le bunker pour forcer les occupants à sortir.

Mordechai Anielewicz, le chef du Z.O.B., se terrait ce jour-là dans le bunker de Mila 18, avec environ 120 de ses camarades et environ 80 Juifs qui n’étaient pas membres du Z.O.B.

Les passeurs se rendirent, mais le commandement du ŻOB, y compris Mordechaj Anielewicz, le leader du soulèvement, resta ferme. Les nazis injectèrent des gaz lacrymogènes dans l’abri pour forcer les occupants à sortir. Anielewicz, sa petite amie Mira Fuchrer et beaucoup de ses adjoints se suicidèrent en ingérant du poison plutôt que de se rendre. Quelques combattants réussirent à s’enfuir par une sortie arrière et à s’échapper du ghetto à travers les égouts jusqu’au côté « aryen », dans la rue Prosta, le 10 mai.

La bataille du ghetto de Varsovie prit finalement fin à 20h15, le 16 mai. Jürgen Stroop, le commandant des SS allemands, proclama la victoire en faisant sauter la synagogue Tlomacki, hors les murs du Ghetto. Selon le rapport de Stroop, environ 5 000 à 6 000 Juifs qui se cachaient dans des bâtiments du Ghetto avaient été explosés ou brûlés et 631 bunkers avaient été détruits.

Comme à Masada, où, 2000 ans auparavant, un groupe de Juifs avait décidé de se suicider plutôt que de se rendre aux Romains, la plupart des 120 combattants de Mila 18 choisirent la même solution, bien qu’elle ne fût imposée à personne.
Les plus de 80 civils restants se rendirent ou moururent asphyxiés dans le bunker.

Les corps des combattants juifs ne furent pas exhumés après 1945 et le lieu acquit un statut de monument aux morts.
En 1946, le monument connu sous le nom de « Mont Anielewicz », fait des décombres des maisons de Miła, fut érigé. Une pierre commémorative avec une inscription en polonais et en yiddish fut placée au sommet du monticule.

En 2006, un nouvel obélisque conçu par Hanna Szmalenberg et Marek Moderau fut ajouté au mémorial. L’inscription en polonais, en anglais et en yiddish indiquet:
« Tombe des combattants du soulèvement du ghetto de Varsovie, construite dans les décombres de la rue Miła, l’une des rues les plus animées de Varsovie juive d’avant-guerre. Le lieu de repos des commandants et des combattants de l’Organisation juive de combat, ainsi que de quelques civils. Parmi eux git Mordechaj Anielewicz, le Commandant en chef.
Le 8 mai 1943, encerclés par les nazis après trois semaines de lutte, beaucoup périrent ou se suicidèrent, refusant de périr aux mains de leurs ennemis.
Il y avait plusieurs centaines de bunkers. Trouvés et détruits par les nazis, ils devinrent des sépultures. Ils ne purent sauver ceux qui s’y étaient réfugiés mais ils demeurent les symboles éternels de la volonté de vivre des Juifs.
Le bunker de la rue Miła était le plus grand du ghetto.
C’est le lieu de repos de plus d’une centaine de combattants dont seuls quelques-uns sont connus par leur nom.
Ils reposent ici, enterrés comme ils sont tombéscomme le Nous sommes tombés, pour nous rappeler que toute la terre est leur tombe. »

Les noms de 51 combattants juifs dont les identités ont été établies par des historiens sont gravés sur le devant de l’obélisque. 
Honneur éternel à eux et à leurs camarades inconnus!

Chaim Akerman
Małka Alterman
Mordechaj Anielewicz
Nate Bartmeser
Heniek Bartowicz
Franka Berman
Tosia Berman
Icchak Blaustein
Melach Błones
Berl Braude
Icchak Chadasz
Nesia Cukier
Icchak Dembiński
Józef Fass
Efraim Fondamiński
Towa Frenkel
Emus Frojnd
Mira Fuchrer
Wolf Gold
Miriam Hajnsdorf
Aron Halzband
Rut Hejman
Mira Izbicka
Salke Kamień
Ziuta Klejnman
Jaffa Lewender
Lolek (prénom seulement)
Sewek Nulman
Abraham Orwacz
Rywka Pasamonik
Majloch Perelman
Aron Rajzband
Lutek Rotblat
Miriam Rotblat
Jardena Rozenberg
Salka (prénom seulement)
Jerzy Sarnak
Szmuel Sobol
Basia Sylman
Szyja Szpancer
Moniek Sztengel
Szulamit Szuszkowska
Mojsze Waksfeld
Olek Wartowicz
Icchak Wichter
Arie Wilner
Zeew Wortman
Hirsz Wroński
Rachelka Zylberberg
Moszek Zylbertszajn
Sara Żagiel