La recette du Jeudi de Jean Zilberman | Le POVIDLE (prononcez : Povidlè)

 

Au mois de mai j’ai fait un voyage en Tchéquie et j’ai ramené entre autre un pot de POVIDLE (POVIDLA en Tchèque ou LEKVÀR en Slovaque).

J’en ai parlé sur YPT et Bea Hercberg m’a donné l’adresse d’un site qui en donne la recette : Bazar dans la Cuisine. Et la recette est presque exacte ce qui est rare quand on voit le nombre de recettes complètement fausses qui circulent sur le Net, mais surtout une citation de S Y Agnon :

Dans un récit de 1939, Shmuel Yosef Agnon, l’écrivain et Prix Nobel, écrit dans sa nouvelle «un hôte pour la nuit» l’odeur du Povidlè chaud qui avait été mis de côté au four, adoucissait l’air de la maison. Pendant des années je n’ai plus ressenti ou senti son goût ou son parfum, ce parfum qui me rappelle les souvenirs des jours passés, où Mère, que sa mémoire soit bénie, étalait le doux Povidlè sur mon pain. (Cité sur le site « Le bazar dans la cuisine)

Le 5 septembre 2018 Mickey Lisieux nous envoyait des photos : le genre de photo qui vous fait prendre 3 kg dès que vous les regardez ! Et surtout une photo de ce fameux POVIDLE que je n’ai pas connu dans mon enfance mais qui a du rester dans mes chromosomes épigénétiques.

Après tout ces bavardages : la recette.

Ingrédients :

– Des quetsches bien mures : une bonne quantité pour faire la recette j’en ai pris 3 livres mais je vous conseille d’en acheter plus. Si vous trouvez sur le marché un cageot de quetsches trop mures à un prix intéressant, achetez le !
– Éventuellement un peu de sucre en poudre : quelques cuillers à soupe.
– De la cannelle et des clous de girofle (facultatif)

Préparation :
– Laver les quetsches et dénoyautez-les.
– Mettre à cuire dans une casserole à fond épais et mettre un diffuseur de chaleur en dessous. Pour initier la cuisson ajouter un petit verre d’eau. Mettre le feu au minimum. Touiller de temps en temps.
– Si vous n’avez pas de diffuseur il faudra touiller plus souvent.
– Au bout de 3 heures il ne reste plus qu’un tiers du poids de départ et les aromes et le sucre des fruits se sont concentrés !
– Vous goûtez et si le résultat n’est pas assez sucré à votre goût vous pouvez rajouter éventuellement quelques cuillers de sucre en poudre.
– Vous passez au mixer. Vous mettez en pot quand c’est refroidi. Vous pouvez aussi agir comme pour les confitures : vous remplissez vos pots , vous bouchez et vous retournez vos pots. Garder dans un endroit secret à l’abri de tous les ganefs ! (ou ganouvim)

Remarque : Le Povidlè était certainement un moyen de conserver des fruits à l’époque où on ne connaissait pas le sucre ou qu’il était très cher.
On peut faire la même chose avec d’autres fruits mais il faut prendre des fruits bien sucrés.
Corinne Froehlicher sur YPT m’a fait remarquer que le sirop de Liège, qui est fait avec de la Poire, doit être fait de la même manière.

Le Povidlè se mangera sur une tartine de bon pain ou de Halah ou peut accompagner une oie ou un canard rôti, le magret de canard. Le Povidlè peut garnir une tarte ou les Houmentaschen.
Pour les diabétiques le Povidlè sans sucre n’a pas le même indice glycémique que la confiture mais je ne suis pas médecin.