Ephéméride | Samuel de Bulgarie [6 Octobre]

6 octobre 1014

Décès du tsar Samuel de Bulgarie. Le fait que les membres de la dynastie portaient des prénoms bibliques (Samuel, David, Moïse..) évoquerait des origines juives.

L’histoire des Juifs en Bulgarie remonte au moins au IIe siècle de notre ère. Depuis lors, les Juifs furent présents de manière continue sur les terres bulgares et jouèrent souvent un rôle important dans la société bulgare de l’Antiquité au Moyen-âge et jusqu’à l’époque contemporaine.

Les Juifs arrivèrent peut-être dans ce qui est aujourd’hui la Bulgarie après la conquête romaine de la région. La plus ancienne trace écrite indiquant la présence d’une communauté juive dans ce qui était alors la province romaine de Moesia Inférieure, date de la fin du IIe siècle de notre ère. Une inscription latine trouvée à Ulpia Oescus (aujourd’hui Gigen, province de Pleven) comportant une menorah et mentionnant ‘archisynagogos Josephus’ (archisynagogos était un titre grec, utilisé par les chefs de synagogue juifs dans la plus grande partie de l’Empire romain) atteste la présence d’une population juive dans la ville. Un décret de l’empereur romain Theodose Ier datant de 379, relatif à la persécution des Juifs et à la destruction des synagogues en Illyrie et en Thrace est également une preuve d’une colonisation juive ancienne en Bulgarie.

Après la création du premier empire bulgare et sa reconnaissance en 681, un certain nombre de Juifs persécutés dans l’empire byzantin pourraient s’être installés en Bulgarie. Il est possible que pendant le règne du tsar Boris Ier de Bulgarie (également connu sous le nom de Knyaz Boris I Michael, décédé le 2 mai 907), des tentatives de conversion des Bulgares païens au judaïsme aient été tentées, mais au final, l’église orthodoxe bulgare fut établie et la population de l’empire bulgare fut christianisée au 9ème siècle.
Le titre de « tsar » est utilisé pour désigner les dirigeants suprêmes de quelques monarchies slaves européennes, telles que les monarques bulgare et russe. Les noms de nombreux membres de la dynastie Comitopuli des Xe et XIe siècles – tels que Samuil, Moses et David – pourraient indiquer une origine juive partielle, probablement maternelle, bien que cela soit contesté.

Des Juifs s’installèrent également à Nikopol en 967. Certains d’entre eux étaient originaires de la République de Raguse et d’Italie, lorsque les marchands de ces pays furent autorisés à commercer dans le Deuxième Empire bulgare par le tsar Ivan Asen II (règne: 1218-1241).
Plus tard, le tsar Ivan Alexandre de Bulgarie (règne: 1331-1371) épousa une femme juive, Sarah (renommée Théodora), qui s’était convertie au christianisme et avait une influence considérable à la cour. Un concile de 1352 conduisit à l’excommunication d’hérétiques, et trois Juifs condamnés à mort furent tués par la foule alors que la sentence avait été annulée par le tsar Ivan Aleksander de Bulgarie (règne: 1331-1371).

L’afflux vraiment important de Juifs dans les Balkans commença en fait après 1492, quand ils furent expulsés d’Espagne et du Portugal. À ce moment-là, le sultan Bayezid II (3 décembre 1447 – 26 mai 1512), fils aîné et successeur du sultan Mehmed II Le Conquérant (30 mai 1432 – juillet 1491), permit aux réfugiés de s’installer dans l’empire ottoman, et ils furent traités avec tolérance à la fois par les autorités et par la population de la péninsule balkanique dans son ensemble. Ces migrants, connus sous le nom de Séfarades, constituent actuellement 90% des Juifs bulgares. Les siècles suivants virent aussi la migration en Bulgarie de Juifs ashkénazes, principalement des régions d’Allemagne. Leur langue était le yiddish.

Les Juifs désignés sous le nom de Romaniotes (Juifs séfarades parlant le grec) furent assimilés à leur tour, sans laisser de traces, par ces deux groupes. La population juive médiévale de Bulgarie était romani jusqu’au 14ème-15ème siècle, lorsque les Juifs ashkénazes de Hongrie (1376) et d’autres parties de l’Europe commencèrent à arriver. À la fin de la conquête de l’empire bulgare par les Ottomans en 1396, il existait d’importantes communautés juives dans les villes de Vidin, Nikopol, Silistra, Pleven, Sofia, Plovdiv (Philippopolis) et Stara Zagora.
Une autre vague d’Ashkénazes, venus de Bavière, arriva après avoir été bannie de ce pays en 1470 et on pouvait souvent entendre parler yiddish à Sofia selon les voyageurs contemporains. Un livre de prière ashkénaze fut imprimé à Salonique par le rabbin de Sofia au milieu du XVIe siècle.

S’agissant de la cuisine juive bulgare, on constate qu’elle ressemble à la cuisine des Juifs séfarades de Grèce et de Turquie. Les bureks bulgares au fromage blanc, de petites poches de pâte remplies de fromage savoureux et d’épinards ou de citrouille sucrée et d’épices, sont similaires à la spanakopita grecque (tarte aux épinards).
Et comme dans la cuisine juive grecque et turque, les épinards, les poivrons, les aubergines et les courges sont largement utilisés en Bulgarie. Le miel et les sirops de sucre sont parfumés à l’eau de rose sur de délicieuses pâtisseries légères.
Les plats de viande des Juifs bulgares, cependant, ne sont pas parfumés aux épices douces propres à la cuisine turque ou grecque. Ils contiennent oignon, ail et poivron ou piment, reflétant leurs racines espagnoles.
La cuisine juive bulgare met aussi l’accent sur les salades, les légumes farcis et les feuilles de vigne (sarmi), l’huile d’olive, les lentilles, les fruits frais et séchés, les herbes aromatiques et les pois chiches.
Les plats de viande utilisent souvent de l’agneau ou du bœuf haché.
Du jus de citron frais est ajouté à de nombreuses soupes et sauces.
Le fromage Tzfat ou bulgare Tzefatit, un fromage blanc en saumure , semblable à la feta, est connu sous le nom de fromage bulgare en raison de sa popularité au début des années 1950 parmi les immigrants juifs bulgares en Israël. Des laiteries israéliennes produisent également de nombreuses variétés de ces fromages. Le yaourt bulgare, introduit en Israël par les survivants juifs bulgares de la Shoah, est utilisé pour confectionner une soupe traditionnelle au yaourt et au concombre (tarator).

Les premières vagues de Séfarades arrivèrent d’Espagne (via Thessalonique, la Macédoine, l’Italie, Raguse, la Bosnie) après 1494 et s’installèrent dans les centres déjà établis de la population juive, les principaux centres commerciaux de la Bulgarie sous domination ottomane. La capitale moderne, Sofia, comprenait des communautés de Romaniotes, Ashkénazes et Sépharades jusqu’en 1640, date à laquelle un seul rabbin fut nommé pour les trois.

Au 17ème siècle, les idées de Shabbtai Tzvi (1626-1676) devinrent populaires en Bulgarie. C’était un kabbaliste séfarade et il comptait parmi ses plus proches partisans Nathan de Gaza et Samuel Primo, actifs à Sofia. Il prétendait être un messie mais, malheureusement pour ses adeptes et le monde juif de l’époque, ses affirmations se révélèrent fausses.
Shabbtai Tzvi envoya une lettre à la communauté juive de Sofia pour lui annoncer qu’elle n’avait pas à respecter le jour de jeûne de Ticha Be Av, « jour de commémoration de la destruction du temple de Jérusalem », mais qu’ils devraient plutôt le célébrer comme une fête, car lui, le messie, était arrivé et que les quatre jours du jeûne en commémoration de la destruction de Jérusalem et des temples devaient désormais être célébrés comme des fêtes.
Il avait des partisans très actifs, une grande communauté de croyants en Bulgarie.

Les Juifs continuèrent de s’installer dans diverses régions du pays (y compris de nouveaux centres commerciaux tels que Pazardzhik) et purent étendre leurs activités économiques grâce aux privilèges dont ils bénéficiaient et au bannissement de nombreux marchands ragusaisn (de Ragusa, une république maritime centrée sur la ville de Dubrownik, actuellement en Croatie) qui avaientt pris part au soulèvement de Chiprovtsi en 1688.

Après la libération de la Bulgarie du régime ottoman à la suite de la guerre russo-turque de 1877-1878, des pillages à petite échelle furent perpétrés sur des biens juifs par des gens qui les considéraient comme des partisans des Ottomans.

Cependant, le traité de Berlin (1878) garantissait l’égalité des droits aux Juifs de Bulgarie. Le rabbin de Sofia, Gabriel Mercado Almosnino (le premier grand rabbin de Sofia après la libération entre 1880 et 1885), accompagné de trois autres membres éminents de la communauté juive de Bulgarie, souhaita la bienvenue aux forces russes dans la ville et participé à l’Assemblée nationale constituante de Bulgarie en 1879.
Les Juifs furent enrôlés dans l’armée bulgare et combattirent lors de la guerre serbo-bulgare de 1885, des guerres des Balkans (1912-1913) et de la Première Guerre mondiale. Le traité de Neuilly après la Première Guerre mondiale insista sur leur égalité avec les autres citoyens bulgares.
En 1936, l’organisation nationaliste et antisémite « Ratnik » fut créée.

Avant la Seconde Guerre mondiale, bien que leur nombre absolu ait augmenté, le pourcentage de Juifs dans la population avait régulièrement diminué par rapport à celui d’autres groupes ethniques.
En 1920, les 16000 Juifs représentaient 0,9% de tous les citoyens bulgares. En 1934, on comptait 48565 Juifs bulgares (0,8% de la population), dont plus de la moitié à Sofia.
Le ladino ou judéo-espagnol, la langue hispanique parlée et écrite par les Juifs d’origine espagnole, était la langue dominante dans la plupart des communautés, mais les jeunes préféraient souvent parler le bulgare.

Le mouvement sioniste était complètement dominant au sein de la population locale depuis l’implantation des Hovevei Sion (Amants de Sion), un mouvement considéré comme les fondateurs du sionisme moderne.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Parlement bulgare et le tsar Boris III de Bulgarie (1894-1943) promulguèrent la loi de 1941 sur la protection de la nation, qui imposait de nombreuses restrictions légales aux Juifs de Bulgarie.
Plus précisément, la loi interdisait aux Juifs de voter, de se porter candidat, d’occuper des postes officiels, de servir dans l’armée, de se marier ou de cohabiter avec des Bulgares de souche, d’utiliser des noms bulgares ou de posséder des terres à la campagne.
Les autorités commencèrent à confisquer toutes les radios et tous les téléphones appartenant à des Juifs, et les Juifs furent contraints de payer une taxe unique correspondant à 20% de leur fortune nette.
La législation établissait également un quota – un nombre limité de Juifs admis dans les universités bulgares.

Les dirigeants juifs protestèrent contre la loi, ainsi que l’Église orthodoxe bulgare, les responsables du Parti des travailleurs bulgares, certaines organisations professionnelles et vingt-et-un écrivains s’opposèrent également au numerus clausus dans les universités.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, contrairement à certains autres alliés des nazis et de la plupart des pays occupés par l’Allemagne, à l’exception du Danemark et de la Finlande, la Bulgarie parvint à sauver ses 48 000 juifs de la déportation dans les camps de concentration nazis.
Dimitar Peshev (1894-1973), les dirigeants de l’Église bulgare, dirigés par le métropolite Stefan de Sofia (1878-1957), le tsar Boris III de Bulgarie (1894-1943) et de simples citoyens jouèrent un rôle crucial dans la prévention de ces déportations.
L’histoire des Juifs bulgares pendant la guerre a été racontée dans: « Le sauvetage héroïque des Juifs de Bulgarie » par Michael Bar-Zohar, historien, homme politique et ancien membre du Parlement israélien, né en Bulgarie.

À la veille des déportations exigées par l’Allemagne nazie, le gouvernement bulgare demanda une analyse détaillée des projets allemands concernant les destinations des expulsés. Il a fut informé qu’environ la moitié d’entre eux seraient employés dans l’agriculture en Grande-Allemagne et un quart, enregistrés comme ouvriers semi-qualifiés, seraient « autorisés à se racheter » en « se portant volontaires » dans les industries de guerre de la vallée de la Ruhr, tandis que le quart restant serait transporté dans le Gouvernement général (partie de la Pologne occupée non annexée par l’Allemagne) pour des « travaux directement liés à la guerre ». (Cette information fut également diffusée aux pays neutres par les voies diplomatiques allemandes et rapportée le 24 mars 1943 dans le New York Times depuis Berne, en Suisse, en même temps que la déclaration cynique selon laquelle « le taux de mortalité dans les anciennes colonies juives de Pologne occupée avait connu une diminution considérable au cours des trois derniers mois « , du fait que « de nombreux hommes juifs sont employés par l’armée près des zones de combat » et reçoivent à peu près les mêmes rations que les soldats allemands.)

Hésitant à se conformer aux demandes de déportations allemandes, fin 1942 et début 1943, à la suite de rumeurs de mauvais traitements infligés à des Juifs déportés en Pologne, le gouvernement bulgare recourut aux voies diplomatiques suisses pour savoir s’il était possible d’expulser les Juifs vers la Palestine sous contrôle britannique à cette époque, par des navires à travers la mer Noire, plutôt que vers des camps de concentration en Pologne.

Cette tentative fut toutefois bloquée par le ministre britannique des Affaires étrangères Anthony Eden (1897-1957). À la suite de cet échec, les autorités bulgares autorisèrent l’Allemagne à déporter la majorité des Juifs non bulgares résidant dans les régions de Grèce et de Yougoslavie occupées par les Bulgares.
Le gouvernement bulgare discuta même du coût de la déportation avec l’Allemagne nazie, comme en témoignent les archives allemandes. Ce document montre que l’Allemagne nazie versa 7144317 leva au gouvernement bulgare pour l’expulsion de 3545 adultes et 592 enfants vers le camp de la mort de Treblinka.
Ainsi, 4500 Juifs de Thrace occidentale, de Thessalonique et de Macédoine orientale furent déportés en Pologne, tandis que 7144 de Macedoine du Vardar et de Pomoravlije (en territoire serbe) sous occupation bulgare furent également envoyés à Treblinka. Aucun d’entre eux ne survécut.

Bien que la Bulgarie ait effectivement contrôlé ces régions immédiatement au-delà de ses frontières, les autorités allemandes en charge, ne reconnaissaient que l’administration militaire bulgare et non l’administration civile. La Bulgarie octroya la citoyenneté à tous les Bulgares de souche vivant dans les territoires occupés, ainsi qu’à ceux des autres ethnies qui souhaitaient l’acquérir, à l’exception des Juifs.
Il est toutefois important de noter que les territoires de la Thrace égéenne, de la Macédoine et d’autres territoires contrôlés par la Bulgarie pendant la Seconde Guerre mondiale n’étaient pas considérés comme bulgares. Ils n’étaient qu’administrés par la Bulgarie, mais la Bulgarie n’avait pas son mot à dire sur les affaires de ces territoires; les ordres venaient d’Allemagne.

Néanmoins, le 4 mars 1943, des soldats bulgares, assistés par des soldats allemands, emmenèrent les Juifs de Thrace égéenne à bord des quatre navires à vapeur « Karageorge », « Voivoda Mihach », « Saturnus » et « Tsar Dushan » au port de Lom sur le Danube. Les navires quittèrent Lom entre le 20 et le 22 mars 2003 et arrivèrent à Vienne 10 jours plus tard. Le 26 mars 1943, les Juifs furent emmenés de Vienne, via Katowice, au camp d’extermination de Treblinka.
Les Bulgares confisquèrent également tous les biens et possessions juifs. Contrairement aux anciens territoires bulgares, où des protestations massives eurent lieu contre les déportations, y compris des pétitions au gouvernement de Sofia, de tels mouvements organisés firent défaut en Thrace égéenne et en Macédoine.

En ce qui concerne les Juifs du royaume de Bulgarie même, les demandes allemandes de déportation vers les camps de concentration ne furent pas suivies.
Plus tard, le gouvernement israélien exprima officiellement sa gratitude à la Bulgarie pour avoir défié l’Allemagne nazie.

Mais cette histoire fut gardée secrète par l’Union soviétique, car le gouvernement royal bulgare, le roi de Bulgarie, le tsar Boris III et l’Église, avaient été à l’origine du tollé général à l’époque, poussant la majorité du pays à défendre sa population juive.
Le régime soviétique communiste ne pouvait laisser aucun crédit aux anciennes autorités, à l’Église ou au roi, tous trois considérés comme des ennemis du communisme. Ainsi, la documentation qui prouvait le sauvetage des Juifs de Bulgarie ne fut révélée qu’après la fin de la guerre froide en 1989.

Le nombre de 48 000 Juifs bulgares était connu de Hitler, mais aucun d’entre eux ne fut déporté ou assassiné par les nazis.

La Bulgarie était alliée avec l’Allemagne lors de la seconde guerre mondiale. En 1940, elle avait cédé aux intenses pressions allemandes en faveur de l’adoption de lois racistes sur le modèle des lois de Nuremberg, mais en réalité, ces lois ne furent jamais réellement appliquées. La doctrine d’Adolf Hitler était étrangère et incompréhensible pour la grande majorité des Bulgares.
Puis, en mars 1943, alors que les trains de déportation attendaient pour emmener les Juifs de Bulgarie vers les camps de concentration, les Bulgares défièrent l’Allemagne et ordonnèrent l’annulation des expulsions. Au lieu d’être envoyées dans les camps, les Juifs de Bulgarie furent envoyés en province depuis la capitale, Sofia.
Beaucoup furent affectés à des projets de travaux publics. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, pas un seul Juif bulgare n’avait été déporté ni tué dans le cadre de la Shoah.
Le métropolite Stefan de Sofia (1878-1957), dirigeant de l’Église orthodoxe à Sofia, s’était rendu auprès du roi Boris III et lui avait déclaré: « Si la persécution contre les Juifs se poursuit, je leur ouvrirai les portes de toutes les églises bulgares et nous verrons ensuite qui peut les chasser. »
Son homologue à Plovdiv, le métropolite Kyril de Plovdiv (1901-1971), envoya également un télégramme dans lequel il menaçait de se coucher sur la voie ferrée pour bloquer les expulsions et prendre les armes contre le gouvernement.

Tous deux furent honorés du titre de « Juste parmi les nations » par Yad Vashem.

« L’histoire des Juifs bulgares aurait été très différente sans les actions et le courage de nombreux dirigeants et intellectuels civils, la résistance des responsables d’églises bulgares, ainsi que la décence et la tolérance de centaines de Bulgares inconnus qui étaient restés immunisés contre le racisme, l’antisémitisme et l’ethnocentrisme. » (Michel Bar-Zohar)

Après la guerre et l’instauration d’un gouvernement communiste, la majeure partie de la population juive partit pour Israël. Aujourd’hui il ne reste plus qu’environ un millier de Juifs vivant en Bulgarie (1 162 selon le recensement de 2011). Selon les statistiques du gouvernement israélien, 43 961 personnes originaires de Bulgarie ont émigré en Israël entre 1948 et 2006, faisant des Juifs de Bulgarie le quatrième groupe en importance issu d’un pays européen, après l’Union soviétique, la Roumanie et la Pologne.