Yiddish…

Vous avez peut-être remarqué que plus on avance en âge plus on prend pour habitude d’argumenter son point de vue en faisant référence à une époque antérieure de son existence. En bon français la phrase débute par « à mon époque …. » ou « de mon temps… » ou « quand j’étais jeune … ».

En Yiddish il existe quelque chose de similaire avec l’expression « bay indz in der heym » (que l’on prononce souvent « bay indz indr’heym).

Si l’expression française est purement temporelle, celle en yiddish est à la fois temporelle et géographique. On fait référence à une époque antérieure en l’associant avec le lieu d’ou l’on vient. « Bay indz » (chez nous) « in der heim » (là ou je suis né ou dans mon village natal …).

Mon père utilisait très souvent cette expression. Par exemple si au cours d’un repas un enfant ne terminait pas son plat, il pouvait dire :

« bay indz in der heym on aurait pu nourrir une famille entière pendant un mois avec ce que tu as laissé dans l’assiette ! ».

Pour revenir vers le site : http://www.yiddishpourtous.com/#!michel-mandel/m6wr8

Hering & compagnie…

herings et cornichons michel Mandel

 

 

 

 

 

 

Hering+ugerkes+tsibeles+schwarz broyt+vodka voilà un menu typiquement ashkenaze n’est-ce pas ?

Pourtant cette photo était sur un site pas du tout juif avec pour légende : « Repas de fête en Russie« .

Ceci est juste pour illustrer le fait que l’essentiel de nos plats traditionnels se trouvaient également sur les tables non-juives de Pologne, de Russie ou de l’empire Austro-hongrois. Les différences portaient uniquement sur les adaptations nécessaires au respect de la casherout.

Parfois je me dis que si nos ancêtres avaient fait le choix de s’établir au japon nous aurions aujourd’hui sur nos tables de fêtes des sushis, des sashimis, des makis avec un petit verre saké.

Pour revenir vers le site : http://www.yiddishpourtous.com/#!michel-mandel/m6wr8

Histoire de prénoms…

En arrivant en France, les juifs yiddishophones se choisissaient souvent un prénom « bien français » pour mieux s’intégrer à cette société française qu’ils allaient côtoyer.

Le prénom Yiddish d’origine restait sur les papiers officiels et continuait d’être utilisé par la famille et les amis mais dès que l’on entrait dans la société française (au travail, avec les commerçants, avec les voisins …) on se faisait appeler par son prénom français.

Parfois le prénom yiddish et le prénom français choisi avait une même origine biblique mais le plus souvent on recherchait tout simplement une consonance approchante. En voici quelques exemples pris dans mon entourage :

Pour les hommes :

Yossel : Joseph

Mendl : Max

Lejb : Léon

Avrum : Albert

Beyrich : Bernard

Yankel : Jacques

Gecel : Gaston

Moyshe : Maurice

Szymen : Simon

Shloyme : Charles

Herszel : Serge

Doved : David ou Daniel

Szmul : Samuel

Pour les femmes :

Etke : Ethel

Rukhel : Rachel

Sura : Sarah

Khayé : Hélène

Eta : Eliane

Leya : Léa

Reyzl : Rose

Freyda : Frida

Hinde : Ida

Blume : Berthe

Szejna : Charlotte

 

Pour revenir vers le site : http://www.yiddishpourtous.com/#!michel-mandel/m6wr8

 

Chez le Rabbi

1er octobre 2015

Ce rabbi avait une grande de réputation de sagesse. Un jour un homme qui n’était pas de la région frappa à sa porte.

Le rabbi l’accueillit chaleureusement puis lui demanda :

– « Pourquoi es-tu venu de si loin voir un vieux Rabbi comme moi ? »

– « Rabbi, j’ai une question qui me préoccupe. Je voudrais savoir ce que signifie « être un vrai ashkénaze » ? »

– Désolé mon garçon, je ne peux pas te donner la réponse car il te faut la trouver par toi-même. Retourne dans ton village, réfléchis et reviens me voir quand tu auras une proposition à me faire.

Une année passa et le même homme se présenta chez le Rabbi :

– Rabbi, j’ai longuement réfléchi et je pense avoir compris. Un vrai ashkénaze est celui qui respecte scrupuleusement les traditions religieuses de nos ancêtres.

– Non, jeune homme, ce n’est pas la bonne réponse. Repasse me voir quand aura une autre idée.

Une nouvelle année s’écoula et l’homme frappa de nouveau à la porte du rabbi

– Rabbi, j’ai travaillé la question nuit et jour et je pense avoir enfin la solution. Le vrai ashkénaze est celui qui maitrise toutes les subtilités de la langue Yiddish

– Non, non, ce n’est toujours pas cela. Reviens me voir quand tu auras autre chose à me proposer.

L’année suivante l’homme était encore là tout excité :

– Rabbi, cette fois je suis sûr de ma réponse. Un vrai ashkénaze est celui dont l’épouse sait préparer le gefilte fish, les kreplekh et les foies hachés

– Non, non, non  répondit le rabbi excédé, ce n’est toujours pas la bonne réponse !

Le jeune juif dépité se dirigea alors vers la porte de la maison. Sur le perron, il se retourna une dernière fois vers le Rabbi et lui dit :

– Rabbi, je n’aurais donc jamais de réponse à ma question ?

Le rabbi releva alors la tête et poussa un cri de joie :

– MAZEL TOV !!!

– Mais Rabbi… qu’ai-je fait, qu’ai-je dit ?

– Tu as enfin compris mon garçon !

– Mais j’ai compris quoi Rabbi ?

– Tu as compris que le « vrai ashkénaze » est celui qui se pose sans cesse des questions auxquelles il ne trouve jamais de réponses

Pour revenir vers le site : http://www.yiddishpourtous.com/#!michel-mandel/m6wr8

 

 

Florence Kahn..

9 octobre 2015

Cet après-midi je me suis retrouvé un peu par hasard du côté du métro Saint Paul à Paris. Une envie irrépressible de gâteau au fromage m’a alors fait bifurqué dans la rue des Rosiers pour aboutir dans la boutique bleue de Florence Kahn. Je fais mon achat et en passant à la caisse je dis à la personne assise derrière celle-ci :

– Vous êtes Florence Kahn n’est-ce-pas ?

– Oui me dit-elle en décochant un joli sourire

– Savez-vous que lors d’une discussion sur le groupe « Yiddish pour les nuls » nous avions tous les deux parié un pletzl et vous aviez perdu ce pari ?

– Pas de problème, me fait Florence. Elle tend alors le bras, attrape un pletzl dans une corbeille et me le donne gentiment. Impossible de refuser, d’autant que le pletzl était encore tout chaud.

Je voulais par ce post saluer ce geste très sympathique. Merci Florence.

Pour revenir vers le site : http://www.yiddishpourtous.com/#!michel-mandel/m6wr8