# 2 Yiddish Leçon | Lesson |Lektsye | לעקציע

Nu? Ne me dites pas que la première leçon était difficile !

D’ailleurs, certains, dans leur enthousiasme veulent sauter les étapes et posent quantité de questions qui seront abordées petit à petit. Patience! Ce n’est pas parce que le yiddish est plus facile qu’on ne pense qu’il s’apprend en une journée.

Hier, nous avons appris les pronoms personnels au singulier. Aujourd’hui nous terminons la liste avec les pronoms personnels au pluriel et commençons à apprendre les petits mots qui servent à poser des questions. Comme vous savez, poser des questions est une manie juive et il est donc important de connaître ces mots.
Vous constaterez que ces petits mots s’écrivent souvent en commençant par deux Vov, une lettre que nous avons découverte hier. Mais quand elle est doublée, cette lettre devient une consonne et se prononce « V ». C’est une différence importante avec l’hébreu. Nous voyons ainsi que les mêmes caractères peuvent avoir une valeur différente en yiddish et en hébreu.
Ceci est expliqué en détail dans le post de Regine Bloch-Fiderer déjà indiqué hier.

Nu? Don’t tell me that the first lesson was difficult!

As a matter of fact, some of you, in their enthusiasm, want to skip the steps and ask a number of questions that will be addressed little by little. Be patient! That Yiddish is easier than you think doesn’t mean you can learn it in just one day.

Yesterday, we learned personal pronouns singular. Today we end the list with personal pronouns in the plural and begin to learn the little words that are used to ask questions. As you know, asking questions is a Jewish mania, so it is important to know these words.
You can see that these little words are often written beginning with two Vov, a letter that we discovered yesterday. But when it is doubled, this letter becomes a consonant and is pronounced « V ». This is an important difference with Hebrew. Thereby, we discover that the same letters can have different values in Yiddish and Hebrew.
This is explained in detail in Regine Bloch-Fiderer’s post already indicated yesterday.

 

NOUS = WE = MIR = מיר
VOUS = YOU (plural) = IR = איר
ILS, ELLES = THEY = ZEY = זײ
QUOI, QUE = WHAT = VOS = װאָס
QUI = WHO = VER = װער

 

Yiddish # 1 Leçon Lesson Lektsye לעקציע

Quelques principes de base de ce cours.

1. Quel accent?
Autant en parler tout de suite, parce que la question va venir très vite, j’en ai l’habitude.
J’utiliserai la prononciation dite « standard », telle qu’elle a été définie par les linguistes du YIVO, et telle qu’elle est enseignée aujourd’hui partout où l’on enseigne le yiddish dans le monde.

Avantage principal: on prononce comme c’est écrit, on écrit comme on prononce. L’orthographe est strictement phonétique (sauf pour les mots d’origine hébraïque, mais c’est une autre histoire; inutile de se compliquer la vie pour le moment)
Avantage secondaire: aucun dialecte n’est meilleur qu’un autre car on ne parlait le yiddish standard nulle part.
Car, non, ce n’est pas du litvak, même si ça s’en rapproche.
Naturellement, chacun peut, s’il le souhaite continuer à pratiquer le dialecte familial. C’est un bonheur et je le fais moi aussi.
Pour simplifier, dans le yiddish de Pologne, que la plupart des ashkénazes de France ont pu connaitre, le « U » (son « ou » français) se prononce « I » et le son « O » se prononce « U ». C’est pourquoi nos amis séfarades nous appellent les « vous-vous ». Si nous étions majoritairement originaires de Lituanie, ils devraient nous appeler les « vos-vos ».

2. Tous les textes sont donnés en quatre versions: français, anglais (oui, nous sommes devenus un groupe mondial), yiddish en caractères latins, yiddish en caractères hébraïques. Pour la transcription en caractères latins, nous suivons les règles établies par le YIVO. (cf un tableau complet ici  http://www.yiddishwit.com/transliteration.html)

3. Pour chaque mot, je joins une image avec le texte en caractères yiddish et en caractères latins.

4. Je joins aussi un fichier son « SoundCloud » qui vous permet d’entendre la prononciation « standard » de ces mots.
Et après ces longs préliminaires, au travail!

 

 

 

Revenir au site : https://www.yiddishpourtous.com/nos-cours-de-yiddish

LE KEZ-KUKHN DE MAMIE ANNIE par Annie Esterzon

LE KEZ-KUKHN DE MAMIE ANNIE par Annie Esterzon

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Pour le fond :

200 gr de petits sablés très friables, genre Spritz + 70 gr. de beurre fondu.

Pour la garniture :

550 gr. de fromage blanc lisse à 40 % de mat. grasse.

450 gr de crème fraîche à 40 % de mat. grasse.

5 gros œufs ou 6 petits.

200 gr. de sucre en poudre.

Le zeste d’un citron non traité,

1 cuillère à soupe d’extrait de vanille.

Préchauffer le four à 170 ° chaleur tournante.

Chemiser un moule à charnière en faisant bien dépasser le papier sulfurisé pour éviter les débordements.

Mixer les petits sablés avec le beurre fondu pour en faire une pâte. En garnir le fond du moule et placer au réfrigérateur pendant la préparation de la garniture.

Séparer les blancs des jaunes.

Dans un grand saladier, battre les jaunes d’œuf, le sucre, ajouter le fromage et la crème, la vanille, le zeste de citron, bien mélanger.

Ajouter les blancs montés en neige très ferme délicatement, petit-a-petit, à la spatule, en soulevant bien la masse.

Enfourner pour 50 mn à 1 heure suivant les fours.

Si le gâteau vous paraît trop pâle, augmenter à 190 ° pendant les 10 dernières minutes de cuisson, en surveillant bien. S’il vous paraît foncer trop rapidement, couvrir avec une feuille de papier d’aluminium. Le gâteau peut être craquelé sur le dessus et il doit ressortir légèrement tremblotant en son centre.

Le laisser refroidir 10 mn dans le four éteint, porte ouverte, pour éviter qu’il ne retombe, puis à température ambiante jusqu’à complet refroidissement.

Placer au réfrigérateur pendant quelques heures… et déguster !

PAUL ELUARD: LIBERTE – פֿרײַהײט – FRAYHEYT

PAUL ELUARD: LIBERTE – פֿרײַהײט – FRAYHEYT

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Le 18 novembre 1952, Paul Eluard s’était éteint. Son poème « Liberté » avait incarné la résistance française. Il fut parachuté à des milliers d’exemplaires par les avions anglais au-dessus de la France occupée. 

La disparition d’Eluard émut le monde entier et le premier numéro du Parizer Tsaytshrift, publié au début de 1953, lui rendit hommage avec une traduction de « Liberté » en yiddish par Mordkhe Litvine.

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable et la neige
J’écris ton nom

Oyf di bleter fun mayn shulheft
Oyf mayn shulbank un di beymer
Oyfn shney un oyf di zamdn
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף די בלעטער פֿון מײַן שולהעפֿט
אױף מײַן שולבאַנק און די בײמער
אױפֿן שנײ און אױף די זאַמדן
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Oyf di zaytn vos ikh leyen
Un oyf ale vayse zaytn
Shteyner blut papir tsi ashn
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף די זײַטן װאָס איך לײען
און אױף אַלע װײַסע זײַטן
שטײנער בלוט פּאַפּיר און אַשן
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Oyf di bilder di bagildte
Oyf di vafn fun di kriger
Oyf der kroyn fun di mlokhim
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף די בילדער די באַגילדטע
אױף די װאַפֿן פֿון די קריגער
אױף דער קרױן פֿון די מלכים
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Oyf dem midber un dem dzhungl
Oyf di nester un genister
Oyfn nokhklang fun mayn kindheyt
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף דעם מדבר און דעם דזשונגל
אױף די נעסטער און געניסטער
אױפֿן נאָכקלאַנג פֿון מײַן קינדהײט
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Oyf der nakht mit ire vunder
Oyfn tog dem broyt dem vaysn
Oyf dem yors farknaste zmanim
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף דער נכט מיט אירע װונדער
אױפֿן טאָג דעם ברױט דעם װײַסן
אױף דעם יאָרס פֿאַרקנסטע זמנים
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Oyf yeden tsoyt fun treyles
Oyf dem stavs der zun der griner
Oyf dem taykhs levone-zilber
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף איעדן צױט פֿון תּכלת
אױף דעם סטאַװס דער זון דער גרינער
אױף דעם טײַכס לבנה-זילבער
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton mon

Oyfn feld un himl-zaytn
Oyf di fliglen fun di feygl
Oyf der vintmil fun di shotns
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױפֿן פֿעלד און הימל-זײַטן
אױף די פֿליגלען פֿון די פֿײגל
אױף דער װינטמיל פֿון די שאָטנס
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Oyf yedn hoykh fun morgn
Oyfn yam un oyf di shifn
Oyf di berg di vild-tselozte
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף איעדן הױך פֿון מאָרגן
אױפֿן ים און אױף די שיפֿן
אױף די בערג די װילד-צעלאָזטע
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Oyf di shoymen fun di volkns
Oyfn shveys funem geviter
Oyfn nudnem shvern regn
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף די שױמען פֿון די װאָלקנס
אױפֿן שװײס פֿונעם געװיטער
אױפֿן נודנעם שװערן רעגן
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Oyf di finklendike formen
Oyf di glokn fun di farbn
Oyf der fizisher mamoshes
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף די פֿינקלענדיקע פֿאָרמען
אױף די גלאָקן פֿון די פֿאַרבן
אױף דער פֿיזישער ממשות
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Oyf di oyfgevekte shtegn
Oyf di vegn di tsevigte
Oyf di pletser iberfleytste
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף די אױפֿגעװעקעטע שטעגן
אױף די װעגן די צעװיגטע
אױף די פּלעצער איבערפֿלײצטע
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Oyf dem lomp vos heybt on loykhtn
Oyf dem lomp vos vert farloshn
Oyf di heymen mayne ale
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף דעם לאָמפּ װאָס הײבט אָן לױכטן
אױף דעם לאָמפּ װאָס װערט פֿאַרלאָשן
אױף די הײמען מײַנע אַלע
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Oyf dem frukht in tsvey tseshnitn
Funem shpigl un mayn tsimer
Oyf mayn bet a puste mushl
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף דעם פֿרוכט אין צװײ צעשניטן
פֿונעם שפּיגל און מײַן צימער
אױף מײַן בעט אַ פּוסטע מושל
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Oyf mayn hunt dem lashtshendikn
Zayne oyern farshpitste
Oyf zayn oysgekrumter lape
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף מײַן הונט דעם לאַשטשענדיקן
זײַנע אױערן פֿאַרשפּיצטע
אױף זײַן אױסגעקרומטער לאַפּע
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Oyfn shvel fun tir fun mayner
Oyf di heymishlekhe zakhn
Oyfn shtrom gebentshtn fayer
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױפֿן שװעל פֿון טיר פֿון מײַנער
אױף די הײמישלעכע זאַכן
אױפֿן שטראָם געבענטשטן פֿײַער
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Oyf yedn layb geshenken
Oyf dem shtern fun khaveyrim
Un oyf yeder hant geshtrekter
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף איעדן לײַב געשענקען
אױף דעם שטערן פֿון חברים
און אױף איעדער האַנט געשטערקטער
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Oyfn shoyb fun umdervarten
Oyf di oyfmerkzame lipn
Hoykh oyf yenem zayt fun shvaygn
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױפֿן שױב פֿון אומדערװאַרטן
אױף די אױפֿמערקזאַמע ליפּן
הױך אױף יענער זײַט פֿון שװײַגן
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Oyf mayn vistn mokem-miklet
Mayne loykht-turems tseshterte
Oyf der toyer fun mayn umet
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף מײַן װיסטן מקום-מקלט
מײַנע לױכט-טורעמס צעשטערטע
אױף דער טױער פֿון מאַין אימעט
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Oyf dem opzayn on bagern
Oyf der eynzamkeyt der hoyler
Oyf di trep fun toyt afile
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף דעם אָפּזײַן אָן באַגערן
אױף דער אײנזאַמקײט דער הױלער
אױף די טרעפּ פֿון טױט אַפֿילו
שרײַב איך אױף דאַין נאָמען

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Oyf dem umker fun gezuntzayn
Oyf farshvundener sakone
Oyf der hofnung on dermonung
Shrayb ikh oyf dayn nomen

אױף דעם אומקער פֿון געזונטזײַן
אױף פֿאַרשװונדענער סכנה
אױף דער האָפֿנונג אָן דערמאָנונג
שרײַב איך אױף דײַן נאָמען

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Un durkh makht fun ot dem vort nor
Heyb ikh vider on mayn lebn
Kh’bin geboyrn dikh tsu kenen
Un dikh ontsurufn

Frayheyt

און דורך מאַכט פֿון אָט דעם װאָרט נאָר
הײב איך װיװער אָן מײַן לעבן
כ’בין געבױרן דיך צו קענען
און דיך אָנצורופֿן

פֿרײַהײט

3 – Histoires de cuisine yiddish: Tsimes

Histoires de Tsimes

C’était une pratique courante dans l’Allemagne médiévale de cuisiner des légumes-racines, principalement des panais et des navets, avec du miel. Cuire de la viande avec des légumes était une autre pratique vénérable en Europe centrale. Au 13° siècle, on se mit à planter des carottes jaunes, (elles étaient violettes à l’origine), en France et en Allemagne mais cela demeurait un luxe rare. Mais au 15° siècle, après des générations de sélection et d’hybridation, on avait réussi à améliorer leur goût et sa culture se répandit à travers l’Europe. Elle devint un aliment de base de l’alimentation. A la même époque, elle devint aussi un des principaux légumes de la cuisine des Juifs d’Europe centrale et bientôt d’Europe de l’est également. Et c’est également à cette époque, que se répandit à partir de l’Allemagne, le ragoût de carottes sucré au miel comme plat d’accompagnement pour le repas du shabbat. La différence avec le même plat préparé par les non-Juifs est qu’il était longuement mijoté, afin de pouvoir être servi chaud pour le shabbat.
Les Juifs avaient développé depuis longtemps cette pratique de plats mijotés qui, outre le respect des obligations religieuses, permettait d’obtenir des viandes et des légumes fondants imprégnés par les sucs des différents ingrédients à partir de morceaux et de légumes bon marché parce que très difficiles à cuire.

L’un de ces plats favoris des ashkénazes était le tsimes. On s’accorde généralement à donner comme étymologie de ce terme, la contraction des mots yiddish « tsum esn », « à manger » ou « à côté du manger », c’est-à-dire un accompagnement. Parfois les légumes étaient cuits avec de la viande ce qui faisait du tsimes le plat de résistance. La recette connu un succès encore plus grand en Europe de l’est où elle aidait à supporter les durs froids hivernaux.
Au cours des siècles, des variantes et des signifiants symboliques vinrent enrichir le plat traditionnel du shabbat, en particulier pour en faire le plat préféré des Juifs ashkénazes pour Rosheshone. La composante sucrée convenait bien aux voeux d’une nouvelle année sucrée. Le nom des carottes en yiddish « mern » qui signifie aussi « croître et multiplier », renforçait les souhaits de prospérité. Et pour être sûr que ses voeux soient bien compris, on découpait les carottes en rondelles qui évoquaient des pièces d’or. Mais on se mit aussi à servir le tsimes pour Sukes, en l’agrémentant des fruits et légumes de la récolte d’automne, à Pesekh avec des kneydl de matsot, a Shvues avec des farfel, des pruneaux et du miel.
Il ya toutes sortes de variantes de tsimes, selon les traditions locales, familiales et les disponibilités du garde-manger. Tout l’art de la « baleboste » était de parvenir à faire un repas de fête pour une nombreuse tablée avec des ingrédients bon marché.
Le langage populaire a saisi cet art dans une expression imagée: « makhn a tsimes », c’est « en faire tout un plat », donner de l’importance à peu de choses.

Le mot « tsimes » entra dans l’anglais américain en 1882, à la suite d’un évènement de la (petite) histoire. Dans un refuge pour immigrants juifs d’Europe de l’est, un serveur refusa de servir un des immigrants avec lequel il avait eu maille à partir. Lorsque le responsable adjoint du refuge le menaça, l’immigrant lui jeta une assiette de tsimes à la figure. Il s’ensuivit une bagarre générale à laquelle participèrent tous les immigrants furieux contre les conditions d’hébergement désastreuses. Ils élirent un conseil d’administration et licencièrent le responsable et le serveur. Le lendemain, les journaux new-yorkais titrèrent sur la « Tsimes Revolt » et c’est ainsi que le mot entra dans la langue anglaise. (d’après Gil Marks)

5 – LA RECETTE DU JEUDI : KNEYDLEKh et TsIMES (de carottes)