Max Ophuls

Ephéméride | « La signora di tutti » [ 13 Août ]

13 août 1934

Sortie en Italie de « La signora di tutti », le seul film italien de Max Ophüls.

J’en profite pour poster à nouveau le bel article publié ici par notre ami Alain Niddam, le 4 novembre 2015.

21 films, parmi lesquels au moins 4 purs chefs d’œuvre, auront suffi à Max Ophuls pour figurer définitivement au panthéon des plus grands cinéastes de tous les temps. Max Ophuls est né le 6 mai 1902 à Sarrebrück sous le nom de Max Oppenheimer. Issu d’une famille d’industriels du vêtement, il se refuse à travailler dans l’entreprise familiale. Après des études classiques, il entame en 1920 une carrière prolifique dans le théâtre, avec lequel il entretiendra toute sa vie une relation très forte.
Acteur dans un premier temps, il joue par exemple à Stuttgart sous la direction de Fritz Holl, qui lui trouve son pseudonyme, pseudonyme qu’il adopte à ses débuts, pour ne pas handicaper l’entreprise familiale en cas d’échec. En 1924, il devient l’un des metteurs en scène les plus prisés de son époque, se partageant entre l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. A Dortmund d’abord, puis à Elberfeld-Barmen, où, jusqu’en 1925, il dirige quelques 200 pièces et opérettes.
Il travaille simultanément comme critique dans des revues théâtrales, et pour la radio à travers l’écriture de multiples sketches. En 1926, il rejoint le Burgtheather de Vienne, où il rencontre et épouse l’actrice Hilde Wall, qui met au monde leur fils Marcel (futur documentariste auteur du fameux « Chagrin et la pitié ») l’année d’après. Suivent des collaborations avec le nouveau Théâtre de Francfort, puis Breslau et enfin Berlin. Max Ophuls monte ainsi Shakespeare, Goethe, Ibsen, Zweig, Molière ou encore Gogol.

Ophuls aborde le cinéma à l’aube du parlant, comme dialoguiste-traducteur sur un film d’Anatole Litvak (juif d’origine ukrainienne) Calais-Douvres. L’année suivante, en 1931, il répond à une commande de la UFA et réalise un moyen-métrage pour enfants, On préfère l’huile de foie de morue.
Vient ensuite La Fiancée vendue, d’après un opéra de Smetana. Mais c’est surtout Liebelei tourné en 1933, en deux versions allemande et française, qui le fait connaître en France. Liebelei, reste son plus grand film allemand. Il marque sa première rencontre à l’écran avec l’univers du dramaturge viennois Arthur Schnitzler. On y décèle déjà son goût pour le romantisme et la nostalgie. Un certain nombre de thèmes qui ont fait sa célébrité y sont déjà développés: pureté frivole des femmes, violence de la société qui, sous des dehors brillants, scintillants, se révèle être une machine à broyer les plus faibles, etc. Ophuls avouera d’ailleurs par la suite sa tendresse et sa préférence pour ce film parmi ses différentes réalisations, un film qu’il estimait « simple, calme et tranquille ».

L’avènement du nazisme le force à fuir l’Allemagne en 1933 après l’incendie du Reichstag, et il choisit en 1935 de prendre la nationalité française. Ophuls mène alors une carrière européenne. Il tourne à Rome avec Isa Miranda La Signora di tutti, ou le drame d’une vedette surmenée, puis en Hollande La Comédie de l’argent (Komedie vom geld) en 1936. P
endant cette période d’avant-guerre, il signe quelques œuvres empreintes d’humour, La tendre ennemie (1935) ou de mélancolie, Yoshiwara (1937), film aux parfums exotiques qui relate l’histoire d’une jeune geisha, puis Le roman de Werther (1938) d’après l’œuvre de Goethe, et enfin Sans lendemain (1939). Edwige Feuillère y tient le rôle d’une jeune mère parisienne contrainte de jouer les entraîneuses et finalement conduite au suicide. Ophuls dirige à nouveau la comédienne l’année suivante dans De Mayerling à Sarajevo. Elle y incarne la Comtesse Sophie, épouse de l’Archiduc François-Ferdinand, dans une fresque historique qui retrace les vingt dernières années de l’Empire autrichien. Mais le tournage est interrompu par la guerre. Max Ophuls, mobilisé dans l’armée française, rejoint un temps les tirailleurs algériens, avant de revenir achever le film en février 1940. Démobilisé, il commence en 1941 l’adaptation de L’Ecole des femmes avec Louis Jouvet, rencontré pendant l’Exode. Mais il n’en tournera qu’un seul plan, le producteur abandonnant le projet faute de moyens et de confiance.

L’armistice le contraint de nouveau à l’exil. Max Ophuls quitte la France pour les Etats-Unis. Il entame une parenthèse hollywoodienne d’abord marquée par une longue période d’inactivité jusqu’en 1946.
Il croit enfin pouvoir diriger Vendetta d’après Mérimée mais son « ami », Preston Stuges, lui retire le projet (Il faudra quatre autres réalisateurs pour que le film sorte en 1950). Mais en 1946, avec l’aide de Robert Siodmak (cinéaste juif allemand qui aura finalement connu un parcours similaire au sien) il dirige Douglas Fairbanks Jr dans L’éxilé produit par l’acteur pour la compagnie Universal.
En 1948, il adapte Stefan Zweig avec Lettre d’une inconnue, avec Joan Fontaine et Louis Jourdan : un film aux accents sublimes et tragiques qui reflètent l’essence de la pensée ophulsienne.

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Plus de 47 000 New-Yorkais se rassemblèrent au Polo Grounds en 1943 pour soutenir l'effort de guerre soviétique contre l'Allemagne nazie. Solomon Mikhoels et Itsik Feffer - ainsi que le maire de New York Fiorello LaGuardia, le romancier yiddish Sholem Asch et le rabbin Stephen Wise du Congrès juif mondial prirent la parole. Eddie Cantor, la star de l'harmonica Larry Adler et Paul Robeson furent parmi les interprètes culturels. Mikhoels et Fefer, premiers représentants de la communauté juive soviétique autorisés à voyager et à se mêler aux communautés juives en dehors de l'URSS, furent chaleureusement accueillis à par des personnalités comme Albert Einstein, Charlie Chaplin et Marc Chagall.

Ephéméride | La nuit des poètes juifs assassinés [ 12 Août ]

12 août 1952

« La nuit des poètes juifs assassinés. »

La culture yiddish n’a pas disparu, mais elle fut condamnée à mort deux fois et à chaque fois la peine fut exécutée. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, des millions de locuteurs du yiddish vivaient dans des communautés juives, depuis la Hollande jusqu’au cœur de l’Union soviétique, en passant par l’Allemagne et la Pologne. Hitler fit de son mieux pour anéantir chaque Juif des territoires que ses armées contrôlaient. Des juifs ont survécu individuellement à son agression, mais leurs communautés et leur culture unique ont été détruites.
Ironiquement, l’Union soviétique fut le pays qui sauva des millions de Juifs et qui joua un rôle décisif dans la défaite de Hitler. Mais l’Union soviétique avait sa propre solution au problème juif.

Staline, tout comme Lénine, s’attendait à ce que les Juifs soviétiques disparaissent progressivement à mesure que le régime jouait de la carotte de la modernisation et du bâton de l’assimilation forcée. Mais à la fin de sa vie, Staline n’arrivait plus réfréner son antisémitisme meurtrier et lança un assaut systématique contre les dirigeants de la culture yiddish, qui constituaient le principal vecteur de l’identité juive du pays. Cette campagne atteignit son point culminant le 12 août 1952 avec de multiples exécutions dans les sous-sols de la prison de la Lubyanka à Moscou.

Les communautés juives en Amérique et ailleurs ont de plus en plus marqué cet événement le 12 août de chaque année sous le nom de « Nuit des poètes assassinés ». Condamnés lors d’un procès secret pendant l’été, tous les accusés, à l’exception de la biologiste Lina Shtern, furent exécutés en une seule nuit – vingt-quatre écrivains et poètes (croyait-on), tous des hommes (dit-on) abattus par les bourreaux de Staline dans le sous-sol de la célèbre prison de la Lubyanka.

Mais comme leur procès s’était déroulé en secret et que le régime refusa de confirmer ce qui s’était réellement passé pendant de nombreuses années, une myriade de rumeurs occultèrent la nature de l’affaire, ainsi que l’identité et le nombre des accusés. Aujourd’hui, des années après l’effondrement de l’Union soviétique et du fait de l’accessibilité de documents d’archives précédemment fermées – y compris la transcription du procès (publiée à Moscou en 1994) et les recherches inlassables de plusieurs chercheurs russes et israéliens qui ont découvert et publié des centaines de documents concernant l’affaire et même examiné les quarante-deux volumes de minutes du procès – les détails du procès antisémite de Staline peuvent être clairement et précisément décrits.

Le procès ne concerna pas vingt-cinq accusés. Il y eut, en fait, quinze accusés, tous faussement accusés de toute une série de crimes capitaux, depuis la trahison et l’espionnage jusqu’au nationalisme bourgeois. Parmi les inculpés figuraient cinq personnalités littéraires: les poètes yiddish Peretz Markish, David Hofshtein et Itzik Fefer; l’écrivain Leib Kvitko, connu dans tout le pays pour ses poésies pour enfants; et l’éminent romancier David Bergelson – les dix autres accusés n’étaient pas du tout des écrivains mais étaient liés de diverses manières au Comité antifasciste juif (CAJ).

L’enquête et le procès qui suivit visaient autant le CAJ que les vestiges de la culture juive dans le pays. Le CAJ, dirigé par Solomon Mikhoels, acteur et metteur en scène de théâtre yiddish de renom, avait été créé en 1942 aux côtés de quatre autres comités antifascistes (pour les femmes, les jeunes, les scientifiques et les slaves), chacun d’eux conçu pour mobiliser des segments particuliers de l’opinion publique occidentale en faveur de l’alliance contre l’Allemagne nazie. Les cinq écrivains yiddish rejoignirent Mikhoels au CAJ, rédigeant des articles en vue de leur transmission à l’étranger ou pour diverses publications à l’intérieur du pays.

Entre les dirigeants du CAJ toutefois, il y avait débat sur les limites du travail du comité. Tous étaient d’accord pour soutenir l’effort de guerre, lever des fonds et lancer des appels aux Juifs d’autres pays. Mais à mesure que la guerre progressait et que l’ampleur des pertes juives devenait évidente, de nombreux membres du comité souhaitèrent étendre ses fonctions. Des propositions furent faites pour aider à réinstaller les réfugiés juifs, à rétablir des fermes collectives juives, à faire revivre la vie culturelle juive et à recueillir des témoignages oculaires sur la destruction des Juifs en territoire soviétique.

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Fort-Chabrol

Ephéméride | Fort-Chabrol [ 11 Août ]

11 août 1898

Le mensuel l’Anti-Juif devient hebdomadaire. Son siège, au 51 rue de Chabrol, deviendra célèbre un an plus tard sous le surnom de « Fort-Chabrol ».

L’Anti-Juif était un organe fondé par l’anti-dreyfusard Jules Guérin, qui a pu vendre jusqu’à cent vingt mille exemplaires par semaine.

Né à Madrid en Espagne où son père ingénieur avait été appelé pour construire la première usine à gaz espagnole, Jules Guérin grandit à Paris et a très vite des aspirations politiques proches des anciens communards. Sa première arrestation a lieu pendant les obsèques de Jules Ferry en 1893 : de nombreux anarchistes reprochaient à l’ancien maire de Paris sa sévérité lors des insurrections du 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871.

Contre le Grand Orient de France, il fonde la ligue antimaçonnique et antisémite du Grand Occident de France (issue de la Ligue antisémitique de France fondée en juin 1896) qui fut particulièrement active et virulente lors de l’affaire Dreyfus. Il est alors financé par le duc d’Orléans et par le millionnaire catholique Edmond Archdeacon.

Journaliste anti-dreyfusard et militant antisémite proche d’Édouard Drumont (avec lequel il se brouillera plus tard), directeur de la Ligue antisémite formée dans la foulée de l’affaire, Guérin était également membre de la Ligue de la patrie française.

Le 7 août 1899 commence, dans une ville de Rennes en état de siège et une France en ébullition, le procès en révision d’Alfred Dreyfus. Un procès qui n’aurait sans doute pas vu le jour sans le spectaculaire « J’accuse… ! » d’Émile Zola jeté par le journal L’Aurore, le 13 janvier 1898, à la face des politiques, des magistrats et des militaires complices de la condamnation du « Juif Dreyfus ».

Pierre Waldeck-Rousseau, nommé président du Conseil le 22 juin 1899, quelques semaines avant l’ouverture du procès en révision, craint des émeutes de la part des nationalistes, des royalistes ou des antisémites, chauffés à blanc par les agitateurs et les propagandistes.

Le 12 août, il fait arrêter les dirigeants de la Ligue des Patriotes, et notamment leur chef de file Paul Déroulède. Déroulède n’est pas anti-Dreyfusard, mais il est l’héritier politique du général Boulanger et, à ce titre, accusé avec ses amis d’une Ligue reconstituée, d’avoir mis à profit le climat troublé qui règne dans le pays pour tenter, lors des obsèques de Félix Faure, le Coup d’État auquel Boulanger a renoncé 10 ans plus tôt avant de se suicider en 1891.

Pour les mêmes motifs, sont également visés par les mandats d’amener délivrés aux policiers les cadres de la Ligue Antisémite. Mais contrairement à Déroulède, il n’est pas question pour eux de se laisser interpeller : dans le sillage de leur président Jules Guérin, 11 militants et activistes se réfugient au 51 de la rue de Chabrol, dans les locaux du Grand Occident de France, fondé quelques semaines plus tôt par ce même Guérin.

Violemment antisémites et antimaçonniques, les adhérents du Grand Occident ont pour signe de reconnaissance les deux poings levés, « un dans la gueule des Juifs, l’autre dans celle des Francs-maçons » ! Un geste qui, mieux qu’un long discours, résume parfaitement leur état d’esprit. Ce qui ne les empêche pas d’exprimer par écrit la haine qu’ils éprouvent pour leurs adversaires dans les colonnes de L’Antijuif, le fer de lance de la presse antidreyfusarde, dirigé comme le Grand Occident par Guérin et également domicilié au 51 rue de Chabrol.

Le 13 août, le sous-chef de la Sûreté, accompagné d’une escouade de policiers, se présente rue de Chabrol pour arrêter Guérin et ses compagnons. Mais les rebelles ne l’entendent pas de cette oreille : « Pas question de nous rendre. Nous avons des cartouches et des armes. S’il le faut, nous ferons sauter l’immeuble » lance aux policiers un Guérin provocateur depuis le 1er étage de l’immeuble où il s’est barricadé avec ses amis et quatre employés.

Sur l’ordre de leurs chefs, les gardes républicains ne donnent pas l’assaut et se contentent de garder l’immeuble jour et nuit, persuadés que les « insurgés » vont se rendre rapidement, faute de nourriture.
C’est compter sans les nombreux sympathisants antisémites et antidreyfusards de la capitale. La résistance s’organise, et un appartement est loué par des amis de Guérin dans le tout proche immeuble du 114 rue de La Fayette d’où le ravitaillement peut être lancé vers le 51 rue de Chabrol. Malgré des pertes, une quantité suffisante de nourriture parvient aux mains des rebelles. Et comme si cela ne suffisait pas, des colis sont jetés aux insurgés par les clients de l’omnibus à impériale qui, plusieurs fois par jour, passe dans la rue. Tout cela sous les clameurs enthousiastes de la foule venue nombreuse soutenir les Ligueurs.

Régulièrement ridiculisés par les ravitailleurs juchés sur l’impériale des voitures hippomobiles, les policiers obtiennent, après plusieurs jours de siège, de la Compagnie Générale des Omnibus que la ligne soit détournée pour ne plus emprunter la rue de Chabrol jusqu’à la reddition de Jules Guérin et de ses compagnons.

Mais les insurgés ont accumulé les vivres et le siège se poursuit, au grand désappointement de Waldeck-Rousseau et du préfet Lépine, impuissants à mettre un terme à cette sédition qui ridiculise le pouvoir en place. Impossible pourtant d’agir autrement : la situation politique est particulièrement instable et un ordre d’assaut pourrait faire des victimes et mettre le feu aux poudres avec des conséquences imprévisibles. À cet égard, les violents heurts qui opposent aux abords de « Fort Chabrol » le 20 août antisémites et anarchistes sont éloquents : repoussées vers le 11e arrondissement par des renforts de police, ces échauffourées débouchent sur l’incendie de l’église Saint-Joseph-des-Nations rue Saint-Maur.

Peu à peu, les choses se calment pourtant : les manifestations se raréfient, les policiers ne tentent rien, et les insurgés s’installent dans la durée en attendant le verdict du procès en appel de Rennes.
Celui-ci intervient le 9 septembre : Dreyfus est, en dépit des preuves, une nouvelle fois condamné, mais en bénéficiant curieusement de « circonstances atténuantes » paradoxales qui n’empêchent pas une sentence de 10 années de réclusion précédées d’une nouvelle dégradation.

Guérin et ses amis exultent et sont tout près de se rendre lorsqu’ils apprennent le 10 septembre que Dreyfus a déposé un « pourvoi en révision ». Comble d’horreur à leurs yeux, Waldeck-Rousseau semble vouloir tirer un trait définitif sur cette affaire et envisage la grâce du condamné.

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9 août 1881. Naissance d'Adele Bloch-Bauer, la dame en or.  En se familiarisant avec Adele Bloch-Bauer, une riche héritière de la haute-bourgeoisie juive viennoise et hôtesse d’un célèbre salon au début du XXe siècle, on comprend pourquoi l’art et la vie semblaient se confondre à ses yeux. Elle fut éternisée par le célèbre artiste autrichien Gustav Klimt dans deux majestueux portraits (1907 et 1912), et peut-être aussi dans une allégorie de l'héroïne juive Judith (1901), exposée dans la Galerie du Belvédère de Vienne. Les trois tableaux sont des témoins historiques de l’importance du mécénat juif à l’époque dorée de Vienne.  Adele Bloch-Bauer naquit à Vienne le 9 août 1881, fille cadette des sept enfants du banquier Moritz Bauer et de Jeannette Bauer née Honig. Son père était directeur général de l'influente association bancaire viennoise et président de la Compagnie ferroviaire de l'Orient dont le fameux Orient-Express reliait Berlin à Istambul.  A l'âge de quinze ans, son monde protégé fut secoué par la mort prématurée de son frère bien-aimé Karl. Vraisemblablement, c'est le traumatisme de sa mort qui la mena à prendre ses distances avec la religion.  Privée de la possibilité d'étudier - le savoir était l'apanage exclusif des hommes - et de se sentant malheureuse chez ses parents, Adèle se maria relativement jeune. Le 19 décembre 1899, elle épousa l’industriel Ferdinand Bloch, de dix-sept ans son aîné. Son mariage faisait suite au mariage de sa soeur Thérèse avec le frère de Ferdinand, le Dr Gustav Bloch. Adèle et Ferdinand n'eurent pas d'enfants. En 1917, les deux couples ajoutèrent leur nom de jeune fille à leur nom de famille: Bloch-Bauer.  Adele Bloch-Bauer faisait l'effet d’un mélange raffiné de personnages romantiques: malade et fragile d'un côté, maîtresse de salon affirmée et fière de l'autre. Peut-être, en effet, trouva-t-elle son rôle dans les modèles de la littérature romantique. Elle étudia, seule, les littératures classiques allemande, française et anglaise. Elle était délicate, avait tendance à être malade et donnait l’impression de quelqu'un qui souffrait. Son visage étroit apparaissait autant élégant et intellectuel, qu'arrogant et suffisant.  On la surprenait souvent en train de fumer, comportement peu seyant pour une dame de la bonne société. Les compositeurs Gustav Mahler et Richard Strauss, l'égérie et croqueuse de célébrités du monde des arts, Alma Mahler-Werfel, les écrivains Stefan Zweig et Jakob Wassermann, des artistes du cercle de Gustav Klimt, des acteurs du Burgtheater et, après la première guerre mondiale, les socialistes Karl Renner et Julius Tandler, comptaient parmi les invités éminents de son salon.  Au cours de l'été 1903, Ferdinand Bloch-Bauer demanda à Klimt de peindre le portrait de sa femme, avec l'intention de l'offrir en cadeau pour l'anniversaire de ses parents en octobre. Le portrait fut exposé au public seulement au début de 1907. Adèle est assise sur un trône d'or, icône moderne de la "grande dame", sur fond de ciel étoilé doré faisant pendant à sa riche robe dorée.  Le mouvement fervent de symboles érotiques tels que des triangles, des œufs, des yeux, dans le flot de sa robe, laisse entrevoir une relation intime entre l'artiste et son modèle.  Une autre indication de leur relation peut être trouvée dans le portrait de "Judith" en femme fatale, peint par Klimt en 1901, dans lequel on peut vraisemblablement reconnaître Adele à ses similitudes de traits du visage et au collier clinquant du sujet dans la dernière peinture.  Un critique contemporain a identifié "Judith" comme une femme juive moderne. Dans un second portrait, datant de 1912, Adèle se tient face au spectateur, vêtue d’une robe à la mode. Le papier peint coloré derrière elle évoque un monde exotique fantastique d'Extrême-Orient. Les rumeurs d'une liaison entre elle et Klimt n'ont jamais été confirmées.  Outre les deux portraits d'Adele, les Bloch-Bauers achetèrent également quatre paysages et de nombreux dessins de Klimt.  Ils étaient tous deux fiers de leur collection d'art, qui comprenait des peintures d'artistes autrichiens célèbres tels que Ferdinand Georg Waldmüller, Rudolf von Alt et Emil Jakob Schindler, ainsi qu'une précieuse collection de porcelaine classique viennoise.  En 1919, après que le couple eut déménagé dans son nouveau vaste palais, en face de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, Adèle fit ériger un temple dédié à Klimt dans ses appartements. Ses tableaux décoraient les murs, tandis que sa photo se trouvait sur une console d'appoint.  En 1918, après la chute de la monarchie austro-hongroise, Ferdinand et Adele demandèrent la nationalité tchèque en donnant l'adresse de leur château "Schloß Jungfern" près de Prague. Mais leur domicile resta à Vienne, où Adele continua son rôle de femme de salon. Julius Tandler, invité de marque, devint également son médecin. C'est peut-être en raison de son influence qu'elle commença à soutenir les causes socialistes. Dans son testament, elle légua son argent à de nombreuses œuvres de charité, parmi lesquelles la Société des amis des enfants. Elle fit don de sa bibliothèque à la bibliothèque publique et ouvrière de Vienne.  Le 24 janvier 1925, Adèle Bloch-Bauer mourrut soudainement d'une méningite à Vienne. Après sa mort, le "Salon Klimt" fut transformé en "salle commémorative" à sa mémoire. Dans son testament, elle demanda à son mari de faire don des peintures de Klimt à la Galerie du Belvédère après sa mort.  En 1938, à la suite de l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne nazie, les peintures furent aryanisées. Ferdinand s'enfuit en Tchécoslovaquie, puis à Zurich, où il mourut peu après la fin de la guerre. Il est enterré à côté de sa femme à Vienne.  Sa dernière demande de récupération des peintures de Klimt et d’autres œuvres de leur collection exquise n’aboutit pas de son vivant.  Maria Altmann, la nièce d'Adele en Californie et héritière de la famille, engagea des poursuites contre la République d'Autriche, en exigeant que les tableaux de Klimt lui soient rendus.  En mai 2005, la République d 'Autriche et Maria Altmann acceptèrent de mettre fin à leur litige devant la Cour de district américaine, concernant cinq peintures de Gustav Klimt et de soumettre le différend à un arbitrage contraignant en Autriche.  En janvier 2006, l’arbitrage aboutit à l’attribution des peintures à Maria Altmann.  Peu après, elle les fit exposer au musée d'art du comté de Los Angeles. En juin 2006, le portrait intitulé Adèle Bloch-Bauer I fut acheté pour la Neve Galerie de Manhattan par Ronald Lauder pour la somme record de 135 millions de dollars. L'histoire fut portée à l'écran sous le titre "The Woman in Gold" (La femme au tableau en France), avec Helen Mirren.  En avril 2005, le juge du district de New York, Edward Korman, octroya à Maria Altmann et à plusieurs membres de sa famille 21,8 millions de dollars du Fonds bancaire suisse . Cette somme considérable fut accordée parce qu’une banque suisse désignée en 1938 par Ferdinand Bloch-Bauer comme administrateur de sa raffinerie de sucre avait confié cette activité à un industriel lié aux nazis en 1939.  (Source: Elena Shapira in Jewish Women's Archive) par Klimt

Ephéméride | Adele Bloch-Bauer [ 9 Août ]

9 août 1881

Naissance d’Adele Bloch-Bauer, la dame en or.

En se familiarisant avec Adele Bloch-Bauer, une riche héritière de la haute-bourgeoisie juive viennoise et hôtesse d’un célèbre salon au début du XXe siècle, on comprend pourquoi l’art et la vie semblaient se confondre à ses yeux. Elle fut éternisée par le célèbre artiste autrichien Gustav Klimt dans deux majestueux portraits (1907 et 1912), et peut-être aussi dans une allégorie de l’héroïne juive Judith (1901), exposée dans la Galerie du Belvédère de Vienne. Les trois tableaux sont des témoins historiques de l’importance du mécénat juif à l’époque dorée de Vienne.

Adele Bloch-Bauer naquit à Vienne le 9 août 1881, fille cadette des sept enfants du banquier Moritz Bauer et de Jeannette Bauer née Honig. Son père était directeur général de l’influente association bancaire viennoise et président de la Compagnie ferroviaire de l’Orient dont le fameux Orient-Express reliait Berlin à Istambul.
A l’âge de quinze ans, son monde protégé fut secoué par la mort prématurée de son frère bien-aimé Karl. Vraisemblablement, c’est le traumatisme de sa mort qui la mena à prendre ses distances avec la religion.
Privée de la possibilité d’étudier – le savoir était l’apanage exclusif des hommes – et de se sentant malheureuse chez ses parents, Adèle se maria relativement jeune. Le 19 décembre 1899, elle épousa l’industriel Ferdinand Bloch, de dix-sept ans son aîné. Son mariage faisait suite au mariage de sa soeur Thérèse avec le frère de Ferdinand, le Dr Gustav Bloch. Adèle et Ferdinand n’eurent pas d’enfants. En 1917, les deux couples ajoutèrent leur nom de jeune fille à leur nom de famille: Bloch-Bauer.

Adele Bloch-Bauer faisait l’effet d’un mélange raffiné de personnages romantiques: malade et fragile d’un côté, maîtresse de salon affirmée et fière de l’autre. Peut-être, en effet, trouva-t-elle son rôle dans les modèles de la littérature romantique. Elle étudia, seule, les littératures classiques allemande, française et anglaise. Elle était délicate, avait tendance à être malade et donnait l’impression de quelqu’un qui souffrait. Son visage étroit apparaissait autant élégant et intellectuel, qu’arrogant et suffisant.

On la surprenait souvent en train de fumer, comportement peu seyant pour une dame de la bonne société. Les compositeurs Gustav Mahler et Richard Strauss, l’égérie et croqueuse de célébrités du monde des arts, Alma Mahler-Werfel, les écrivains Stefan Zweig et Jakob Wassermann, des artistes du cercle de Gustav Klimt, des acteurs du Burgtheater et, après la première guerre mondiale, les socialistes Karl Renner et Julius Tandler, comptaient parmi les invités éminents de son salon.

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Pharmacie du "Joint" au camp de personnes déplacées de Bergen-Belsen, 14 août 1947

Ephéméride | « People’s Relief Committee » [ 8 Août ]

8 août 1915

Un groupe de socialistes laïques parlant le yiddish forme « le People’s Relief Committee » (PRC). Le Joint Distribution Committee (JDC) accepte le PRC en tant que troisième membre constituant mais limite les activités de l’organisation à la collecte des fonds auprès de la communauté juive non orthodoxe.

Dans mon enfance, j’entendais si souvent parler du « Joint » (prononcé Djoynt) que je me figurais que c’était un mot yiddish. Je suppose que d’autres membres qui ont vécu l’après-guerre dans des familles de « greeners » rescapés et démunis, ont partagé cette expérience.
Je me rappelle la déception de mes parents en découvrant le contenu d’un gros colis envoyé par le « Joint »: des centaines de tubes dentifrice venant des surplus de l’armée américaine! Si encore, c’avait été des paquets de cigarettes ou des bas en nylon, on aurait pu les revendre.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, à l’été 1914, près des trois quarts des Juifs du monde vivaient en Europe et au Moyen-Orient. Alors que les combats se propageaient dans le monde entier et que l’Empire ottoman coupait la Palestine du monde extérieur, les Juifs d’Europe orientale et du Yishuv, qui souffraient déjà de la pauvreté et de la discrimination, couraient des risques accrus de famine et de maladie.
Le 4 octobre 1914, l’Union des congrégations juives orthodoxes, principalement des Juifs nés en Europe de l’Est, créa le Comité central de secours aux Juifs souffrant de la guerre ou le Comité central de secours (CRC) pour aider les Juifs pris combat.
Peu après, le 25 octobre 1914, le Comité juif américain, composé principalement de Juifs réformés d’origine allemande, fonda le Comité de secours juif américain pour les victimes de la guerre (AJRC).
Le 27 novembre 1914, des représentants des deux organisations formèrent « the American Jewish Joint Distribution Committee » (JDC), en abrégé le « Joint », afin de coordonner la distribution des fonds aux groupes locaux, aux gouvernements et aux organisations de secours à l’étranger.

Au début de juin 1915, un groupe de Juifs laïques se réunirent en vue de créer un comité organisateur pour un autre comité de secours. Après une réunion d’organisation le 30 juillet 1915, le 8 août 1915, le « People’s Relief Committee for Jewish War Sufferers » (Comité de secours aux victimes juives de guerre) (PRC) fut officiellement créé lors d’une réunion à l’Alliance éducative.
Ce comité était composé de Juifs laïcs parlant le yiddish. principalement des groupes ouvriers et socialistes, des loges, des syndicats, des branches du « Arbeter Ring » et quelques groupes radicaux, ainsi que des sionistes. Le PRC attirait principalement ceux qui ne pouvaient se permettre de faire que des petits dons et n’appartenaient pas à la communauté orthodoxe. Ce groupe n’avait jamais participé aux appels de collecte de fonds.
Le 29 novembre 1915, le PRC se joignit au « Joint ». Les trois comités constituants collectaient les fonds séparément tandis que le JDC était responsable de la distribution générale des fonds aux victimes de guerre juives d’Europe orientale et de Palestine. La PRC envoya également de l’argent et des fournitures directement à diverses communautés.

En dépit de l’aversion traditionnelle des socialistes envers la charité et de la conviction que la philanthropie allait contre les travailleurs, les membres du PRC reconnurent que la situation des Juifs en Europe et en Palestine était suffisamment grave pour dépasser ces principes.
L’organisation menait principalement ses collectes de fonds par le biais de bazars, des dons de personnes dans la rue et de collectes de maison en maison. Il y avait aussi des tournées de discours et de concerts, parfois en collaboration avec le CRC, l’AJRC et le JDC.
Grâce à des campagnes de recrutement régulières menées dans les clubs socialistes, les branches due l’Arbeter Ring et les syndicats, au plus fort de la guerre, le People’s Relief Committee comptait plus de 300 000 membres dans des antennes régionales aux États-Unis et au Canada, avec des relations à Cuba, en Argentine, au Brésil, au Chili et dans d’autres parties de l’Amérique centrale et du Sud et des Antilles. Le PRC recueillit des centaines de milliers de dollars chaque année, souvent sous la forme de petits dons. Même les contributions d’un sou étaient admises et donnaient lieu à des reçus imprimés.
Avec les deux autres comités de secours, la PRC participa à la campagne du « Joint » visant à recueillir 10 millions de dollars en 1917. La proclamation par le Président Wilson du 27 janvier 1916, comme Journée nationale de secours juif, une journée pour faire des dons spécifiquement destinés aux fonds de secours juifs, contribua grandement à ces efforts. Elle fut à nouveau célébrée le 27 janvier 1917.

De nombreux politiciens éminents, des écrivains et des intellectuels yiddish, des dirigeants syndicaux, des médecins, des éducateurs, des avocats et d’autres personnalités s’impliquèrent dans le Comité de secours aux populations. Parmi eux, Meyer London, président fondateur (cf l’éphéméride du 6 juin dernier: https://www.facebook.com/groups/YiddishPourLesNuls/permalink/890976371084742/;
les vice-présidents Sholem Asch, Samuel Ellsberg et Jacob Pankin; Alexander Kahn, président; Boris Fingerhood, secrétaire; et Baruch Zuckerman, directeur exécutif. Parmi les autres membres bien connus figuraient Louis Lipsky, Max Pine, Morris Rothenberg, Benjamin Schlesinger, Joseph Schlossberg, Jacob Milch, A. Litwak, Abe Cahan, Adolph Held, Ephim H. Jeshurin, Chonen J. Minikes, David Pinski, R. Guskin. et Boruch Vladeck.

Entre 1914 et 1929, le JDC reçut 78,7 millions de dollars des Juifs vivant aux Etats-Unis. Le JDC fut conçu comme une organisation d’aide temporaire mais la paupérisation des Juifs en Europe de l’Est, la volonté soviétique de les fixer sur des terres, ou la violence arabe continue contre les Juifs de Palestine nécessita son maintien jusqu’à la Shoah. Dans la décennie qui suivit la Première Guerre mondiale, le JDC devint à l’étranger la principale organisation communautaire de secours et de réhabilitation. En plus du financement par l’aide directe, les agents du JDC financèrent, grâce à l’American-Jewish Joint Agricultural Corporation, l’installation de Juifs soviétiques sur des terres, principalement en Ukraine et en Crimée, et favorisèrent le développement économique des Juifs vivant en Palestine grâce à la Palestine Economic Corporation.

La crise économique aux Etats-Unis réduisit considérablement les fonds disponibles pour le JDC et, en 1932, ses dirigeants durent renoncer à leurs projets de développement.

Avec l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933, le JDC se concentra sur l’aide aux Juifs restant en Allemagne et sur l’assistance aux réfugiés juifs fuyant le nazisme, tout en continuant à fournir un soutien aux communautés juives d’Europe de l’Est. En avril 1933, le siège européen du JDC à Berlin fut transféré à Paris après avoir été mis à sac par des voyous nazis. Malgré la Grande Dépression, les contributions à la JDC augmentèrent à mesure que les Juifs américains devinrent conscients des dangers et des difficultés auxquels étaient confrontés leurs coreligionnaires européens. Pendant toute cette décennie, le JDC dressa un tableau réaliste de la situation des Juifs d’Europe et réussit à réunir d’importantes contributions.

Le JDC contribua à aider au moins 190 000 Juifs à quitter l’Allemagne entre 1933 et 1939 et permit à 80 000 de quitter l’Europe. Le JDC soutint différents projets d’installation de réfugiés en Amérique latine, dont une colonie juive à Sosua en République dominicaine et une autre en Bolivie. Les fonds du JDC contribuèrent également au financement d’un programme de secours pour 20 000 Juifs allemands et autrichiens réfugiés à Shanghai, en Chine.

Neuf mois après le début de la Seconde Guerre mondiale, le JDC fut contraint de fermer ses bureaux à Paris face à l’avancée allemande en 1940 et de s’installer à Lisbonne au Portugal.

En 1939, le JDC augmenta sa capacité de collecter des fonds en créant, conjointement avec la United Palestine Appeal et la National Coordinating Committee for Aid to Refugees, la United Jewish Appeal (UJA). Alors qu’entre 1929 et 1939, le JDC récolta et dépensa environ 25 millions de dollars, il recueillit plus de 70 millions de dollars entre 1939 et 1945 et environ 300 millions de dollars entre 1945 et 1950.

Jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis en décembre 1941, le JDC envoya de la nourriture et de l’argent en Pologne, en Lituanie et dans les autres pays occupés par l’Allemagne. Il fournit de l’argent pour venir en aide aux Juifs menacés dans toute l’Europe, y compris à ceux qui étaient pris au piège dans les ghettos en Pologne (au moins pendant les premiers mois de l’existence des ghettos). Il finança des orphelinats, des centres pour les enfants, des écoles, des hôpitaux, des maisons communautaires, des soupes populaires et diverses institutions culturelles.

Après l’entrée en guerre des Etats Unis, le JDC ne fut plus autorisé à travailler dans les territoires contrôlés par les Allemands mais continua néanmoins à acheminer des fonds clandestins dans les ghettos de Pologne sous occupation allemande grâce à son bureau suisse dirigé par Saly Mayer. Ce dernier avait des contacts en Suisse — dont des responsables du Comité international de la Croix Rouge — qui étaient en lien avec des organisations clandestines polonaises. Le JDC contribua également de manière significative aux activités du War Refugee Board des Etats-Unis (WRB) dès sa création en 1944.

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