LES PAINS AUX OIGNONS de ma fille.

pain-aux-oignonsLES PAINS AUX OIGNONS de ma fille.

J’en ai un souvenir ému quand mon père les ramenait du pletzel le dimanche pour mitik…une délectation!

1kg de farine

2 grosses cuillères à soupe de levure boulangère instantanée

100 g d’huile d’olive

1 cuillère à soupe de sel

50 g de sucre

2 verres et demi d’eau (verre en plastique)

2 gros œufs

Pour le dessus :

1 œuf

1 gros oignon

Graines de pavot

Gros sel

Tamiser la farine et y ajouter la levure, mélanger
+ sel/sucre/huile/œufs
Puis eau
Pétrir 8 mn
Couvrir avec un torchon humide chaud et mettre le saladier dans un sac plastique
Laisser gonfler 2 heures
et former une boule
Couper en 4
Étaler au rouleau à pâtisserie et former des petites boules à aplatir un peu, d’environ 10 à 15 cm
Couvrir et laisser gonfler 30 mn
Badigeonner le dessus avec l’oeuf battu, découper en petits bouts l’oignon, mettez sur le dessus, ou faites le revenir un peu avant de le poser sur le dessus, au choix! Saupoudrez d’un peu de gros sel et de graines de pavot
Cuire environ 1/4 d’heure à 170/180 degrés

Les parrains juifs et le le jazz

alfred Lion Francis Wolff Yiddish pour TousAlfred Lion, juif allemand, avait émigré aux États-Unis à 18 ans à cause de l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Plus jeune, Alfred Lion était déjà un passionné de musique : à l’âge de sept ans il se cachait derrière des orchestres de swing pour se trouver au cœur des percussions. Il s’associa d’abord à l’écrivain Max Margulis, qui financa les débuts du label.
Le photographe Francis Wolff (1907-1971), également juif allemand ayant fui le nazisme et ami de Lion, rejoignit alors Blue Note.

En 1940, Max Margulis quitte Blue Note. D’un côté, Alfred Lion s’occupait de sélectionner les artistes. De l’autre, Francis Wolff réalisait les photographies des musiciens qui passaient en studio pour les pochettes de disques.
Il faut savoir qu’avant-guerre, ce sont principalement des juifs qui tenaient l’industrie du jazz. En effet, après la guerre de sécession, les Noirs et les nombreux immigrés juifs étaient rejetés par les Blancs du Sud des États-Unis. Certains juifs se sont donc mis à gagner leur vie en tenant des trafics, en devenant des hommes d’affaire, y compris dans la musique.

Puisque les Blancs ne voulaient pas des rythmes jazz noirs, les juifs leur ont offert de les produire.

A New-York, dans les années 1930, ce sont les boss des mafias juives (souvent sous-estimés au profit de la mafia sicilienne) qui ont tenu les premiers labels de jazz. Alfred Lion et Francis Wolff n’étaient bien sûr en rien des gangsters, mais ils sont la preuve de la continuité de ce lien historique qui unit la communauté juive américaine au jazz.

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Broadway ou le rêve américain des juifs émigrés.

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Ils s’appelaient Beilin, Gershowitz ou Rogazinsky. Leurs noms ne vous dit sans doute rien mais ils sont pourtant les plus grands compositeurs des succès populaires de Broadway.

Fils d’immigrés juifs, ils ont inventé la comédie musicale, culture populaire, expression de leur « rêve américain ».

Fuyant l’Europe des persécutions, les Juifs débarquent par milliers sur la côte Est des Etats-Unis à partir de 1880. De leurs vieux shtetls du Yiddishland, de Russie, d’Allemagne ou d’Autriche, les émigrés ashkénazes emportent avec eux vers le nouveau continent leurs illusions d’une vie meilleure sous des cieux plus propices. Ils rêvent de la grande Amérique et de son idéal égalitaire, loin des pogroms et de l’antisémitisme de leur pays d’origine.

Mais ce que les Juifs découvrent en débarquant à Ellis Island n’est pas toujours la Terre Promise accueillante à laquelle ils ont tant aspirée. Légalement ouverts aux immigrants, les Etats-Unis leur reste socialement fermés. Sans retour en arrière possible, la seule voix pour ces immigrants reste celle de l’intégration. Dans une culture qui leur est étrangère, la musique devient leur moyen d’exprimer leur rêve américain mais aussi les difficultés du déracinement ou le conflit générationnel dû à l’intégration.

A travers leurs spectacles, les générations issues de l’exil forgent à leur tour l’identité culturelle de l’Amérique moderne dans le grand tourbillon du creuset intégrationniste. Sur les scènes des théâtres de Broadway, les artistes juifs transforment le visage de leur pays d’accueil. Par la créativité de leurs compositions, de leurs paroles, de leurs rythmes et de leurs styles allant des airs traditionnels liturgiques aux chansons populaires des chorus lines, du théâtre yiddish à la comédie musicale, du klezmer au ragtime, les auteurs dont beaucoup américanisent leurs noms de scène, opèrent une extraordinaire métamorphose les menant de la misère au succès.

Née de la fusion de l’opérette viennoise, du folklore yiddish et du jazz, la scène musicale new yorkaise devient ainsi le domaine de prédilection des compositeurs et producteurs juifs.
Leurs noms ? Irving Berlin (Israël Isidore Beilin), George Gershwin (Jacob Gershowitz), Harold Arlen (Hyman Arluck), Jerome Kern, Kurt Weill, Richard Rodgers (Rogazinsky), Florenz Ziegfeld et tant d’autres.

Ces artistes bouleversent les codes jusque-là en vigueur dans l’art lyrique. Ils se placent délibérément contre l’élitisme.

Les compositeurs utilisent l’accessibilité de la musique et un langage plus familier afin d’atteindre une audience la plus large possible. Ils ramènent l’opéra vers une réalité contemporaine par le biais du langage mélodique. Le thème reste tragique mais devient objet de comédie avec une dimension sociale qui dépasse la destinée personnelle pour créer un drame moderne sous forme d’opéra en 1 acte. La musique démocratise ces pièces engagées dont le sujet transcende les personnages par une dramatisation des problèmes et des conflits sociaux.

Inspirés par le mouvement socialiste émergeant, les créateurs choisissent en effet de raconter la vie de tous les jours, humble et rustique, de personnages ordinaires des basses classes de la société. Il ne s’agit pas de héros au sens classique mais plutôt de victimes qui gardent leur dignité malgré les épreuves. Ainsi, le message devient populaire : le pauvre ou le quidam peuvent se cultiver ou se révéler personnage de tragédie.
Aussi, les auteurs juifs profitent de la scène musicale pour diffuser des messages politiques, critiquant même parfois le capitalisme. Les histoires a priori sordides deviennent dans leurs mains des succès populaires et artistiques.

cinema Sylvie Gold
Chacun de ces créateurs invente un nouveau style de théâtre musical et didactique. Kurt Weill incarne le renouveau de l’opéra et du théâtre de la première partie du XXe siècle. Il conçoit « l’opéra démocratique » dont les drames relatent le comportement des victimes de persécutions, d’oppression, d’injustice ou simplement d’individus négligés et incompris. Ces pièces lyriques racontent les conditions et les problèmes de gens ordinaires, la vie collective des communautés locales ou nationales. Dans sa révolution théâtrale, le compositeur s’inspire de différentes formes de musiques populaires, du jazz et du cabaret pour aboutir à l’ancêtre des comédies musicales américaines, tout en conservant l’héritage européen de Mahler ou de Schoenberg. Ainsi, Kurt Weill a largement nourri le répertoire américain. Tout comme Irving Berlin qui se révèle lui aussi comme l’auteur le plus influent de la musique populaire américaine du vingtième siècle, avec plus de 800 chansons dont beaucoup sont devenues des classiques.

Mais c’est Jerome Kern et Georges Gershwin qui sont les véritables fondateurs de la comédie musicale américaine moderne. En 1927, Kern compose ce qui est considéré comme le chef d’œuvre de la scène musicale classique américaine : « Showboat » produit par le grand Ziegfeld.

Quant à Gershwin, il crée en 1935 le fameux opéra-folk ‘’Porgy and Bess’’.
Richard Rodgers fait également partie des compositeurs légendaires de théâtre musical. En 1943, ‘’Oklahoma’’ devient le premier spectacle chantant d’un genre nouveau. Fusion unique de la comédie musicale et de l’opérette, il constitue une borne dans l’évolution de la scène lyrique. Ce spectacle remporte d’ailleurs un énorme succès à Broadway, qui lui vaudra l’année suivante le prix Pulitzer. Richard Rodgers produira par la suite quelques uns des plus gros succès du spectacle musical américain comme ‘’The Sound of Music’’ en 1959.
Quant à Leonard Bernstein, compositeur du célèbre ‘’West Side Story’’ en 1957, il se classe dans la droite lignée de ses augustes pairs.

sylvie Gold cinéma 3

Dans les comédies musicales de Broadway, entre réalisme et poésie, ballet et danse populaire, abstraction et réalisme, leurs créateurs y ont retranscrit et imprimé aussi bien l’optimisme de leurs utopies que la critique sociale de leur engagement politique, incarnations de leur sensibilité juive profonde.

(Source Noémie Grynberg / Israel Magazine 2010)

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David Bloch

Né en 1910 en Bavière, David Ludwig (!!!) Bloch commence par perdre, très tôt, sa mère Selma puis son père Simon. Jeune adulte, il subsiste de petits boulots dans l’Allemagne des années trente : peintre sur porcelaine, décorateur, étalagiste….

La Nuit de Cristal l’expédie à Dachau. Pour quelques semaines, mais elles seront décisives. Libéré, il embarque en avril 1940 pour Shanghai.

Il y épouse une « Shikse » locale Lilly Cheng Disiou et se met à produire un nombre considérable de gravures sur bois. Au début des années cinquante, il s’installe à New York et vit de son métier d’artiste chic. Pour la petite histoire, c’est à lui que Pat Nixon confie de décorer sa vaisselle à la Maison blanche. En 1976, il retourne en Allemagne et son œuvre s’assombrit comme l’attestent les deux dernières photos. En 2002, David Ludwig (ce double prénom !!) achève sa trajectoire terrestre à New York.

 

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Luc Bondy

Luc bondy

Luc Bondy est  né en 1948 à Zürich où ses parents, juifs autrichiens, s’étaient réfugiés.

Son grand-père Fritz avait connu Kafka, et dirigeait un théâtre (yiddish?) à Prague.

L’un des derniers représentants de la MittelEuropa et d’un Judaïsme résolument diasporique s’est raconté dans ‘Mes Dibbouks’.

Il était un peu suisse-allemand, un peu français, metteur en scène de théâtre puis d’opéra, à Francfort, à Berlin, puis à Paris, puis partout en Europe. Après Peter Stein, Luc Bondy a dirigé la Schaubühne, le théâtre de Berlin. Il avait été nommé à la tête du théâtre national de l’Odéon en 2012 dans le bruit et la fureur. J’avais vu Tartuffe et récemment Ivanov, une représentation bouleversante, où il était question de société soudée et minée à la fois par l’antisémitisme. J’avais découvert Luc Bondy dans les années 80, aux Amandiers : ‘Terre étrangère’, du Viennois Arthur Schnitzler.

Je ne verrai pas «son» Othello avec Torreton dans le rôle titre. Triste mois de novembre, décidément.

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