Ce qui est particulier à notre culture, c’est justement le fait que la langue yiddish elle-même devienne objet de création, d’interrogation, sujet d’amour , dans des poèmes, essais ou autres écrits.

 

Histoire d’une langue particulière , longtemps langue essentiellement vernaculaire même si l’on trouve divers écrits de littérature allant de la chanson épique (comme le bovo-bukh) , à des contes ou ouvrages didactiques , souvent réservés aux femmes.

Les érudits, journalistes, penseurs, écrivaient publièrent longtemps en loshn koydesh, la langue  » sainte » , l’hébreu et il fallut bien du courage aux penseurs issus de la haskala ( mouvement des Lumières qui gagna l’Europe orientale avec près d’un siècle de retard, via l’Allemagne ) pour réussir à crèer ce qu’on appelle une réelle littérature. Au début, certains prirent même des pseudos lorsqu’ils publiaient des articles en yiddish , de peur d’être décriés par les autres intellectuels qui ne voyaient de salut que dans l’hébreu ( il ne s’agit bien sûr pas de l’Ivrit ; hébreu moderne parlé et écrit aujourd’hui en Israël). Le yiddish ne fut longtemps considéré que comme un Jargon ( c’est même ainsi que le désignaient les premiers journalistes qui choisirent de s’exprimer en  » jargon » ).

Ajoutons-y les choix premiers des survivants de la Shoah qui choisirent en Israël l’hébreu comme langue nationale, reléguant le yiddish au rang de  » langue de l’exil, du passé et l’on comprend qu’au fil des décennies, cette langue en danger grandissant, menacée aussi par ce qu’on appelle l’assimilation, fut l’objet des pensées, des soucis , de défense aussi des écrivains et créateurs.